réflexion sur les problèmes de diététique

de la diététique vulgaire au soin diététique

Souvenir d’un extraordinaire cours en philosophie pratique mention éthique médicale et hospitalière avec R. Enthoven et E. Fiat.
« Pas de médecine digne de ce nom sans éthique, pas d’éthique digne de ce nom sans philosophie. Pas de philosophie digne de ce nom sans lecture des grands philosophes » E. Fiat
L’éthique n’est pas une posture, n’est pas un argument de vente. Je reste accablé par la récupération de nombreuses personnes de ce terme confondant l’empathie, la gentillesse et l’éthique.
L’éthique de soin est une réflexion, une épreuve de soi, une réflexion dans le quotidien alliant connaissance scientifique et le bien agir. L’éthique n’est pas une psychologie de comptoir, elle est une réflexion profonde guidée par la lecture des grands philosophes. Elle nous aide à dépasser nos pensées souvent limitées, intuitives et fruit d’une sensibilité.
A mon sens, elle fera du distinguer le bon du mauvais diététicien, de celui qui prend pour posture pour éthique.
Nous allons entrer dans les années à venir dans le « soin diététique »(trop tardivement) distinguant ces pratiques malsaines, facilement récupérées par les coachs, les salle de sport, les magazines, votre voisine tout comme la dernière application à la mode (qui au passage gobe toutes vos données).
Depuis plus de deux ans je milite pour une pratique plus scientifique et éthique, car nombreux de professionnels et civils oublient le sens du soin pour ne pouvoir qu’une perte de poids, comme si c’était le signe du bien agir. Se vanter aujourd’hui de faire perdre du poids est bien le signe d’une profession qui va mal et qui a contaminé la société, les magasines et les clubs de remise en forme.
Le soin diététique ne peut pas être donné par tout le monde, il est prodigué par les personnes ayant étudiés, réussis un diplôme de BTS ou IUT diététique et les nutritionnistes.
Sortons de cette diététique vulgaire pour entrer dans le soin diététique.
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« bien manger et manger bien » 

Pour définir que quelque chose, prenons l’exemple d’une action, qui pourra être qualifiée comme  « bien », il est nécessaire que cette action soit examinée par rapport à une idée de référence. Cette référence, peut-être confondue avec une idée régulatrice, qui nous permettrait de définir les contours, classant une action en fonction de ses conséquences positif ou négatif comme « bien » ou « mal ».

Il nous sera aussi nécessaire de distinguer des actions qui sont dirigées envers nous-même et les actions dirigées envers autrui. Cette distinction pourra permettre de délimiter la place de la culpabilité, car il n’y a de culpabilité d’agir mal principalement lorsque l’on agît envers autrui, dans la sphère de l’action envers autrui. Tenir un sentiment de culpabilité alors que nous agissons envers nous même est une position complexe à tenir, car je suis coupable et victime.

Les sources des idées qui définissent des actions comme « bien » ou « mal » (son opposé, et non « mauvais » dont son opposé est le « bon »), ont une origine  interne ou externe à la personne. (Le bien peut se distinguer par rapport à sa source, une sorte d’origine, de point régulateur, au sens qu’en nous, . Ici, je vais distinguer deux types de bien : celui qui est en lien avec la connaissance et un autre qui prend sa source dans la morale)

De manière interne : le bien par rapport à la connaissance, différent d’un bien qui est en lien avec une croyance, ces deux concepts sont à distinguer car ils font appel à deux approches du corps totalement différentes. Ici nous pouvons opposer deux concepts dont la connaissance des phénomènes prend sa compréhension : l’empirisme ou l’intellectualisme. De ces deux sources nous pouvons avoir une conception du bien en fonction d’une interprétation des phénomènes. De ces deux concepts, je vais pouvoir agir envers moi et dans une certaine idée du bien. A partir de mon expérience tout comme de ma façon logique de voir les choses, mes actions envers moi-même seront définies comme bien, le fait d’être en cohérence entre les concepts que je me fais de l’action bien et mon action.

De manière externe : il y a une connaissance et une expérience qui sont différentes de nos croyances, cette différence vient donc définir un nouveau cordeau séparant le bien et le mal. La connaissance peut prendre source dans la science mais l’expérience est différente. Elle ne se cale pas sur une connaissance intellectuelle mais une façon de se comporter en société. La gloutonnerie ou la gourmandise, ou l’intempérant face à la nourriture sont réprimandés tout comme celui qui mange vite à table.

Nous sommes donc face à des sources du bien qui peuvent s’opposer en fonction de leurs origines interne/externe (autonome/hétéronome) faisant apparaître la notion de culpabilité lorsque le mal manger apparaît. Cette même culpabilité qui peut amener à poursuivre de manger en excès, puisqu’il y a effraction à la règle.

Puisque nous agissons envers nous-même, une morale externe dictant nos actions ne peut être adaptée puisqu’elle nie la singularité du corps. Les points essentiels à travailler sont la dimension intellectuelle et sensorielle pour appréhender un manger bien pour soi.

En maintenant les erreurs de ces dimensions il y aurait donc à nouveau une idée d’un bien manger et un mal manger en fonction d’esprit critique, c’est-à-dire, une adaptation à la situation qui se présente. Par exemple; être en hypoglycémie n’as pas toujours accompagné d’une sensation de faim et l’inverse peut se réaliser aussi.

Pour finir, un bien manger ne peut se définir aussi qu’en l’état  actuel de nos connaissances, doit être séparé d’une dimension morale puisqu’elle est un agir envers soi-même et donc ne peut-être que sans culpabilité. Ce bien manger, doit par contre être soumis à l’esprit critique de notre expérience et notre croyance pour se diriger vers un manger bien.

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Healing anorexia

« In the time of the refeeding »

Anorexia nervosa is an eating disorder listed in the DSM-V with bulimia. These eating disorders are called « pure syndrome ». They affect respectively 1% and 5% of the French population.

Anorexia is a disorder that will require a lot of care; multidisciplinary care to reach a possible healing that will in most situations be reality. Even if a full healing wouldn’t be possible, care and improving quality of life will always be possible (take for example diabete type 1!). It’s important to remember that healing is possible  so to stay in the care continuity.

I propose here an analogy between care and functional rehabilitation type of care practiced by physical therapists.

Indeed, after an injury, all the rehabilitation work will be to strengthen muscles around the affected joint while trying to overcome pain (you know when the physical therapist insists on that point and that we suffer). It is important to do this regularly to avoid sclerosis of the joint, resulting in loss of suppleness and flexibility.

 

That is why it is important to confront the pain, the pain that can be felt in the stomach after an increase in food intake, accompanied by the weight gain anguish. It is necessary to go to the pain and then overcome it!  It is important to act as quickly as possible otherwise the suffering person will lose any possibility of food enlargement.

 

Sometimes the pain is so difficult to overcome (weight gain fear after eating starchy foods such carbohydrates) that healing can no longer be achieved at home as outpatient but only in hospital. The role of caregivers will be to accompany this fear on a daily basis / the pain caused by increased food intake, not only to put on weight but to limit the risk of “sclerosis eating” and feed the malnourished body. And indeed, most we come late, more adhesions (hear them eating rigidities) are important and difficult to overcome.

 

Healing anorexia nervosa is identical to this type of rehabilitation. We will have to confront the pain and go beyond, confront the pain to avoid the risk of “freezing” the disease in its rigidity.

 

The care in anorexia will respect temporality and pain, a time to overcome it and a time to breathe back. Here’s how you can slowly overcome an eating disorder, because the first thing is to fight tiredness generated by the lack of food energy in the body.  And remember: body is not the weight, the weight being a characteristic of the non-significant body.

Caregivers will always take care of the body not the weight, healing is for body not for weight.

 

By Nicolas Sahuc (France)

Translate by Nathalie Decoo from Anorexie Boulimie Ensemble (Belgium)

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La perte de poids ne se mesure pas toujours là où on le pense … mais elle est bien là !!!

Souvent en consultation, les personnes voulant perdre du poids sont déçues dès le petit-matin! Principalement après le rituel de la pesée qui doit réassurer sur le poids. Après  avoir vu qu’il n’avait pas baissé, globalement toutes les personnes vont faire dépendre leurs prises alimentaires en fonction de ce chiffre pour espérer une future perte…

C’est l’attitude classique qui pose le majeur problème dans le comportement alimentaire vis-à-vis du contrôle du poids (que l’on veuille perdre, prendre ou stabiliser, c’est la même problématique).

J’aimerai vous faire part que cette manière de vous peser ne vous permettez pas de comprendre comment le poids perdu peut se mesurer. L’enchaînement des mesures du poids sur la balance vous donne une simple indication d’un corps pesé à un instant t et non pas son évolution. Même en répétant cette tâche tous les jours, le résultat ne peut être que partiellement interprétable.

Alors prenons l’exemple d’une personne (en suivi nutritionnel) voulant perdre du poids, qui depuis son retour à une attitude alimentaire plus souple, soit une alimentation mixant les connaissances en nutrition et interprétant mieux les sensations physiques dans le corps (faim et rassasiement), voit malgré tout la balance ne plus bouger depuis peu.

Paniquée, cette personne de manière logique voudra tout faire pour perdre du poids et se  lancera dans une réduction de ses apports alimentaires. Oui, cela nous semble logique de manière immédiate de « réduire pour perdre » mais je vous rappelle que dans le corps humain tout fonctionne de manière illogique, y compris pour le poids!

Pourtant la balance indique bien une « perte de poids » ! Mais où est-elle?

Si nous regardons ses attitudes alimentaires avant la mise en place de consultation, les attitudes alimentaires habituelles conduisaient la prise de poids permanente ou épisodique. Alors que le changement d’attitudes alimentaires, suite au suivi adapté, montrent soit une perte de poids soit une stagnation depuis le départ. C’est ici que nous pouvons mesurer une « perte de poids », en vous posant la question « si je n’avais pas changé d’attitudes alimentaires, à quel poids serai-je ? ». Obligatoirement la réponse (unanime) est « bien plus haut »! La perte de poids est donc entre le poids plus haut « jamais atteint » et le poids actuel.

Certes la balance n’a pas bougé/stagné et c’est cela qui vous pose problème car ce n’est pas visible. Mais de cette mauvaise interprétation de la « perte de poids » vous pousse à remettre en place des attitudes de perte de poids qui vont contribuer à des conséquences négatives sur le plan alimentaire et à terme une reprise de poids par un lâcher prise.

Cet exemple est qu’une des nombreuses situations où la perte de poids est efficace mais non mesurable par la balance. Vous l’aurez compris, la balance ne permet pas d’interpréter une réalité.

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Anorexie, une recherche de la perte de poids par plaisir…

Les récentes recherches scientifiques nous emmène à concevoir le problème de l’anorexie mentale de manière nouvelle. Le Pr Gorwood nous propose d’explorer le concept du « plaisir à maigrir » plutôt que la « peur de grossir » dans la problématique de l’anorexie mentale.


Mes réflexions philosophiques – en éthique médicale et hospitalière – m’avaient déjà fait poser le débat sur le poids de manière différente.

Premièrement le fait de confondre le poids avec le corps lui-même est la principale erreur dans le domaine de la diététique. Cette confusion immédiate produit des logiques de pensées inadaptées comme celle de réduire les prises alimentaires pour perdre du poids, tout comme d’imaginer la perte de masse entre deux pesées quotidiennes. Les biais méthodologiques sont si nombreux qu’il est convient simplement de dire que cette logique immédiate, dans la relation poids/alimentation, est obligatoirement fausse.

Deuxièmement le poids va conditionner un mobile de notre acte alimentaire, c’est-à-dire une fin ou un objectif comme dirait les modernes. Cette fin en soi se décline de 3 manières différentes, recouverte par la même idée du poids :

  • ne pas vouloir prendre ou perdre du poids,
  • vouloir perdre du poids,
  • vouloir prendre du poids.

On peut donc observer le poids comme dénominateur commun aux différents types d’actions régissant nos prises alimentaires. C’est ici, que nous pourrions faire un rapprochement avec ce plaisir à la perte de poids. Les attitudes en lien avec le poids conduisent nos prises alimentaires à toujours les diminuer pour observer de la perte ou de la non prise de poids dans les deux premiers cas. Dans le dernier cas, la subtilité est plus difficile à mettre en avant et pour le moment je ne peux conclure seulement à ce faux lien maintenu entre le poids et l’alimentation.


En ouverture de réflexion : tant qu’un lien poids et l’alimentation est existant, le comportement alimentaire restera problématique.

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sante

By-pass, Sleeve, les chirurgies de l’obésité, « ce n’est pas une technique de perte de poids » !

Dans le cadre d’une prochaine émission @TUHofficiel sur la chirurgie bariatrique, voici mon avis :

« Il est nécessaire de rappeler les conditions de ses opérations, elles sont réalisées dans des situations très spécifiques, non pas pour perdre de poids mais parce que la perte de poids n’est plus possible par une approche classique. L’état de santé est tel, qu’il y a urgence de modifier le statut du patient et cela est réalisé aujourd’hui par une opération bariatrique.
Alors il n’y a pas d’attente sur le poids à perdre mais une amélioration de la santé, principalement sur les comorbidités (HTA, diabète,…).
Les opérations entraînent toutes une modification profonde de l’alimentation aussi bien dans la texture des plats que dans le fractionnement des repas. En effet, après l’opération, les 3 repas ne peuvent plus être assurés obligeant ainsi le patient opéré de fractionner ses prises alimentaires, jusqu’à 5 à 8 prises selon le cas.
Dans les premiers jours l’alimentation sera en texture modifiée, soit mixée ou moulinée puis rapidement, il sera demandé de retrouver une texture normale.
Dans l’immédiat, les comorbidités sont diminuées, permettant ainsi de mettre le sujet en sécurité vis-à-vis de l’état de santé d’urgence. La diminution de la prise alimentaire conduit à un état de dénutrition et non pas une perte de poids.
Dans 25% des cas, après 2 ans, les patients atteignent un poids stable et dans certains cas reprennent du poids, mettant à nouveau leur santé en danger.
En conclusion
L’opération est une action d’urgence face à une situation « d’urgence de santé ». Elle ne peut donc être considérée comme une technique préventive de la santé et donc doit être exclue de l’idée d’un contrôle du poids. Elle n’est pas  une solution efficace concernant la perte de poids puisque 25% des patients sont en échec à 2 ans.
Elle doit être encadrée par une équipe de soins spécialisés pratiquant la médecine avec éthique et professionnalisme et demande une démarche active de changement du patient.« 
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Prevention, réflexion sur les problèmes de diététique, sante

Vouloir être à l’aise avec son alimentation nouvelle tendance des soins…mais…

     La demande de consultation tend aujourd’hui vers un désir de trouver un « rapport alimentaire pacifié ». C’est une demande constante qui s’inscrit dans une histoire de la personne.

     Je m’interroge ce matin concernant cette demande car elle vient relever des problèmes. Si l’on cherche la paix, c’est bien sûr que la personne est dans « une relation de guerre«  avec un belligérant. D’un côté la personne et de l’autre côté du ring qui retrouve-ton? Le poids, la nourriture, le corps ou les 3 fois ?

     Et je crois que le problème se situe, je ne sais pas qui est vraiment l’adversaire. Le patient se définit se définit dans une guerre mais n’est-il pas le seul engagé dans cette guerre ?

     Le poids, le corps, la nourriture pouvons-nous dire qu’ils sont dans une démarche belligérante contre la personne. Il me semble pas avoir vu des aliments prendre une sorte de décision, comme s’ils étaient personnifiés (comme le poids ou le corps), pour nous faire grossir, être en mauvaise santé ou prendre du poids. L’épi-génétique, la génétique prédispose de notre état du corps qui donne à la santé une tonalité particulière et certes injuste. Idem pour le poids.

     En regardant en profondeur les détails des histoires « du poids » des patients, il est fréquent d’entendre que ce tri-typque (poids/corps/aliments) sont devenus confus après la période suivante : « avant je faisais ce que je voulais et je n’avais pas de problème, alors qu’aujourd’hui regarder un aliment me fait grossir ». Ici, nous pouvons comprendre que jamais les aliments, le poids, le corps sont entrer dans une guerre contre nous-même. Dans cette phrase classique, comprenons bien que c’est la volonté, le désir « de faire ce que je veux » qui est à l’origine de ce conflit unilatéral.

     Dans cette idée de « faire ce que je veux », dans cette idée faible de la liberté se résumant à la réalisation de ses propres désirs, l’écoute des sensations du corps, du choix aliments, du poids (ou de l’image du corps) sont rejetés. C’est depuis ce temps que le « corps » n’est pas respecter et la mise en oeuvre des régimes n’est que la prolongation de cette « non écoute ».

   Alors si une guerre est à mener elle n’est pas dirigée vers le poids, la nourriture, le corps, l’image du corps ou encore les émotions mais finalement une guerre envers soi-même dans la compréhension de ses désirs, ce qui est une des bases de la philosophie, d’une éthique de vie. Pour compléter ce travail, il sera nécessaire de comprendre le fonctionnement du corps car je vous l’apprends si des études sont nécessaires pour devenir diététicien ce travail ne peut-être réduit à une expérience personnelle.

    Pour vous aider, voici les professionnels qui peuvent vous aider dans un domaine spécifique sachant que tous sont nécessaires

  • comprendre le corps et son fonctionnement : le professionnel de santé en physiologie.
  • comprendre la nutrition : le diététicien ou le nutritionniste formé.
  • accepter l’image du corps : le psychiatre ou le psychologue.
  • la tempérance des désirs : la lecture des grands philosophes.
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