réflexion sur les problèmes de diététique

La culpabilité dans les régimes ou les troubles alimentaires

Dernièrement j’avais écrit sur le concept d’éthique minimaliste concernant la culpabilité. Cette éthique  propose l’idée que nos actions sont Amorales quand elle sont faites par nous-même en vue de nous-même. Je rappelle cet exemple  : « un parent qui mange vegan a une attitude qui est amorale, par contre proposer une alimentation végétarienne à un corps en croissance est une attitude Immorale« . De ce fait, la culpabilité est lorsque je suis responsable d’un tort commis sur autrui, en l’occurence l’enfant en croissance.

Dans la pratique de la perte de poids, ce sentiment est vécu par de nombreuses personnes. Il apparaît quand nous estimons que nous avons « trop mangé ». Or cette culpabilité n’est pas d’origine morale, elle prend son origine dans une évaluation inappropriée du fonctionnement de l’organisme (biologie du corps). Le besoin de boire comme de manger est difficile à prévoir, ni dans le temps et ni en quantité, on ne peut que présupposer. N’étant pas dans l’état biologique du corps qui a soif ou faim, nous ne pouvons prévoir la quantité d’eau ou de nourriture à consommer pour cet état. Prévoir donc une quantité de nourriture à consommer dans cet état futur, c’est donc fixer une norme, une valeur référentielle qui servira de jugement.

Si je prévois de manger un fruit et un yaourt à 17h, collation, trois situations alors sont possibles : 1) par coup de chance mon yaourt et mon fruit correspondent à mon état de faim 2) la consommation du yaourt et du fruit sont « trop » comparée à mon état biologique 3) cette collation est insuffisante pour réduire le déficit énergétique du corps.

C’est principalement dans la situation 3ème qu’apparait la culpabilité, pourquoi ? Le fait d’avoir une collation prévue insuffisante produit un état de faim continuel favorisant le déclenchement d’envies alimentaires. Ces nouvelles prises alimentaires vont être jugées comme trop, j’appelle ce moment : « LE POINT MORAL ». Ce moment où j’estime que c’est trop par rapport à ce que j’ai prévu et non par rapport à mon état biologique. Ainsi, les prises alimentaires prévues dépassées, l’excès se poursuit…

Pour comprendre, cette culpabilité n’en est pas une puisque son origine est dans une évaluation d’une prise alimentaire future sur un hypothétique état du corps. Ici, nous mesurons l’erreur historique des pratiques alimentaires pour les pertes de poids.

Donc pour se sortir de cette dite culpabilité, modifions son origine, c’est-à-dire en arrêtant d’imaginer ce que nous devrions manger dans un futur, présupposant que nous connaîtrions l’état du corps dans ce futur.

Publicités
Par défaut
conference publique

Les troubles alimentaires à Nîmes / Congrès 2018

Bonjour, voici les informations concernant le 6ème congrès organisé avec l’association l’ACT, redonnons du sens au comportement alimentaire, le Pr S. Guillaume, le Dr D. Costa et M. Sahuc.

Cette nouvelle édition aura lieux au carré d’art de la ville de Nîmes.

Le Dr Alain Perroud éminent spécialiste des troubles alimentaires, psychiatre et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet de l’anorexie comme la boulimie, nous fait l’honneur d’être le président de cette journée.

La journée sera réservée aux professionnels de santé médicaux et paramédicaux, diplômés ou élèves en cours de formation dans des études validées.

La date : le 27 avril 2018

La journée est soumise à inscription, capacité d’accueil: 160 participants.

PROGRAMME A TELECHARGER : Programme + Fiche inscription2018

Les thèmes abordés seront la place du soin, l’intérêt du traitement de l’image du corps, qu’est-ce que le corps, l’orthorexie et le DSM-V.

En comptant sur votre présence pour relever le défi actuel concernant la prise en charge des troubles alimentaires.affiche-congrès-2018

Crédits photo: Nicolas Sahuc

Bien à vous.

 

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique, sante

Un aliment est ni bon ni mauvais, il est les deux à la fois

Comment reconnaître un bon professionnel à un mauvais professionnel : simplement à son discours. Le mauvais professionnel, et autres conseilleurs, viendra argumenter qu’un aliment est bon ou mauvais pour la santé !

Faire de la médecine, soigner et si on le peut aider à guérir les personnes (rappelons que médecine a pour racine « média » c’est-à-dire : aider au passage d’un état de santé particulier à un meilleur état de santé) c’est tout d’abord comprendre et s’occuper du corps. Non pas comme dans l’antiquité en s’occupant de l’âme mais en plus, tout en connaissant le fonctionnement de l’organisme.

Dans nos études médicales et paramédicales, nous apprenons la drôle  mécanique du corps qui a pour habitude de vouloir toujours tendre vers un équilibre, ce que l’on appelle l’homéostasie. L’organisme par des capteurs à la capacité de s’auto-réguler pour obtenir une certaine constance, un équilibre. Nombreux sont les exemples et je ne citerai que l’exemple du pH sanguin. Mais toutes les constances ne peuvent être régulées par des besoins du corps, il est pour certaines régulations des besoins extérieurs, ces derniers sont une source extérieure et dits « exogène ». Par exemple, le corps peut synthétiser la quasi totalité des briques (les acides-aminés) pour faire une protéine. Malheureusement, toutes les briques ne peuvent être fabriquées par le corps, nous sommes donc obligés de trouver dans les produits alimentaires une source convenable de briques. Nous sommes donc toujours dépendants de notre alimentation.

Prenons un autre exemple sur la consommation de viande rouge et le risque de cancer. Vous pouvez trouver dans l’article de l’Organisation Mondiale de la Santé (ArticleOMS) le risque potentiel d’un aliment d’être mauvais et le potentiel d’un aliment à ne pas avoir d’incidence. En effet, en dessous d’une certaine consommation, soit de grammes/j, aucune influence négative n’est observée sur le risque d’apparition de cancer colorectal. Au-delà d’une certaine dose, on peut observer une augmentation de 17% du risque. Car c’est bien de la dose que l’on doit discuter. Cette dose contribue à l’augmentation du risque de cancer, ce qui signifie qu’en dessous il n’a pas d’incidence. Par contre, limiter sa consommation peut avoir une incidence sur l’état de fatigue, puisqu’il est la source principale en fer.

Nous pouvons comprendre donc l’effet remède comme poison que peut contenir un aliment. Classer un aliment bon ou mauvais en le rangeant dans une catégorie c’est ne pas comprendre le corps humain dans sa complexité, nier le concept même de posologie et je crois que l’alimentation aujourd’hui doit être comprise dans ce sens, en terme de posologie en fonction de la singularité de la personne. Les grands discours classant les aliments bon ou mauvais doivent se taire pour laisser place aujourd’hui à une pratique de santé éthique visant la santé.

Pour conclure un aliment est ni bon ni mauvais, il est un pharmakon (remède et poison), tout dépend de sa posologie, donc de la manière dont le professionnel pratique la nutrition et la conseille.

 

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Interview pour 100pour100 radio sur le thème de la minceur chez les miss

Devenir gourou c’est facile aujourd’hui : « faire du yoga, publier des tranches de vies particulières, faire des photos de votre plat ou petit-déjeuner et diffuser des grandes phrases philosophiques ».
Voilà comment on devient un moraliste, version soft. Mais le moraliste ne démontre pas qu’il est moral. D’ailleurs si les phrases philosophiques étaient comprises, elles ne serait pas publiées.

Non, remplacer des maigres par des personnes plus rondes n’est pas une solution. La solution passe par le fait de s’affranchir de certaines sociétés qui tentent d’imposer une vision de la beauté tout comme les comptes instagram qui imposent les phrases philosophiques, les photos esthétiques, les sports…

Aidez les autres ce n’est pas les rabaisser par ces postures, cette moralisation permanente que l’on trouve sur les rsx sociaux.

Critique d’une société par #nicolassahuc itw par Cécile BoyerSébastien Breth pour 100% Radio – Les Tubes et l’Info

 

A écouter sur le lien suivant : Démission d’une miss jugée trop ronde: stop aux diktats de minceur?

 

 

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

de la diététique vulgaire au soin diététique

Souvenir d’un extraordinaire cours en philosophie pratique mention éthique médicale et hospitalière avec R. Enthoven et E. Fiat.
« Pas de médecine digne de ce nom sans éthique, pas d’éthique digne de ce nom sans philosophie. Pas de philosophie digne de ce nom sans lecture des grands philosophes » E. Fiat
L’éthique n’est pas une posture, n’est pas un argument de vente. Je reste accablé par la récupération de nombreuses personnes de ce terme confondant l’empathie, la gentillesse et l’éthique.
L’éthique de soin est une réflexion, une épreuve de soi, une réflexion dans le quotidien alliant connaissance scientifique et le bien agir. L’éthique n’est pas une psychologie de comptoir, elle est une réflexion profonde guidée par la lecture des grands philosophes. Elle nous aide à dépasser nos pensées souvent limitées, intuitives et fruit d’une sensibilité.
A mon sens, elle fera du distinguer le bon du mauvais diététicien, de celui qui prend pour posture pour éthique.
Nous allons entrer dans les années à venir dans le « soin diététique »(trop tardivement) distinguant ces pratiques malsaines, facilement récupérées par les coachs, les salle de sport, les magazines, votre voisine tout comme la dernière application à la mode (qui au passage gobe toutes vos données).
Depuis plus de deux ans je milite pour une pratique plus scientifique et éthique, car nombreux de professionnels et civils oublient le sens du soin pour ne pouvoir qu’une perte de poids, comme si c’était le signe du bien agir. Se vanter aujourd’hui de faire perdre du poids est bien le signe d’une profession qui va mal et qui a contaminé la société, les magasines et les clubs de remise en forme.
Le soin diététique ne peut pas être donné par tout le monde, il est prodigué par les personnes ayant étudiés, réussis un diplôme de BTS ou IUT diététique et les nutritionnistes.
Sortons de cette diététique vulgaire pour entrer dans le soin diététique.
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

« bien manger et manger bien » 

Pour définir que quelque chose, prenons l’exemple d’une action, qui pourra être qualifiée comme  « bien », il est nécessaire que cette action soit examinée par rapport à une idée de référence. Cette référence, peut-être confondue avec une idée régulatrice, qui nous permettrait de définir les contours, classant une action en fonction de ses conséquences positif ou négatif comme « bien » ou « mal ».

Il nous sera aussi nécessaire de distinguer des actions qui sont dirigées envers nous-même et les actions dirigées envers autrui. Cette distinction pourra permettre de délimiter la place de la culpabilité, car il n’y a de culpabilité d’agir mal principalement lorsque l’on agît envers autrui, dans la sphère de l’action envers autrui. Tenir un sentiment de culpabilité alors que nous agissons envers nous même est une position complexe à tenir, car je suis coupable et victime.

Les sources des idées qui définissent des actions comme « bien » ou « mal » (son opposé, et non « mauvais » dont son opposé est le « bon »), ont une origine  interne ou externe à la personne. (Le bien peut se distinguer par rapport à sa source, une sorte d’origine, de point régulateur, au sens qu’en nous, . Ici, je vais distinguer deux types de bien : celui qui est en lien avec la connaissance et un autre qui prend sa source dans la morale)

De manière interne : le bien par rapport à la connaissance, différent d’un bien qui est en lien avec une croyance, ces deux concepts sont à distinguer car ils font appel à deux approches du corps totalement différentes. Ici nous pouvons opposer deux concepts dont la connaissance des phénomènes prend sa compréhension : l’empirisme ou l’intellectualisme. De ces deux sources nous pouvons avoir une conception du bien en fonction d’une interprétation des phénomènes. De ces deux concepts, je vais pouvoir agir envers moi et dans une certaine idée du bien. A partir de mon expérience tout comme de ma façon logique de voir les choses, mes actions envers moi-même seront définies comme bien, le fait d’être en cohérence entre les concepts que je me fais de l’action bien et mon action.

De manière externe : il y a une connaissance et une expérience qui sont différentes de nos croyances, cette différence vient donc définir un nouveau cordeau séparant le bien et le mal. La connaissance peut prendre source dans la science mais l’expérience est différente. Elle ne se cale pas sur une connaissance intellectuelle mais une façon de se comporter en société. La gloutonnerie ou la gourmandise, ou l’intempérant face à la nourriture sont réprimandés tout comme celui qui mange vite à table.

Nous sommes donc face à des sources du bien qui peuvent s’opposer en fonction de leurs origines interne/externe (autonome/hétéronome) faisant apparaître la notion de culpabilité lorsque le mal manger apparaît. Cette même culpabilité qui peut amener à poursuivre de manger en excès, puisqu’il y a effraction à la règle.

Puisque nous agissons envers nous-même, une morale externe dictant nos actions ne peut être adaptée puisqu’elle nie la singularité du corps. Les points essentiels à travailler sont la dimension intellectuelle et sensorielle pour appréhender un manger bien pour soi.

En maintenant les erreurs de ces dimensions il y aurait donc à nouveau une idée d’un bien manger et un mal manger en fonction d’esprit critique, c’est-à-dire, une adaptation à la situation qui se présente. Par exemple; être en hypoglycémie n’as pas toujours accompagné d’une sensation de faim et l’inverse peut se réaliser aussi.

Pour finir, un bien manger ne peut se définir aussi qu’en l’état  actuel de nos connaissances, doit être séparé d’une dimension morale puisqu’elle est un agir envers soi-même et donc ne peut-être que sans culpabilité. Ce bien manger, doit par contre être soumis à l’esprit critique de notre expérience et notre croyance pour se diriger vers un manger bien.

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Healing anorexia

« In the time of the refeeding »

Anorexia nervosa is an eating disorder listed in the DSM-V with bulimia. These eating disorders are called « pure syndrome ». They affect respectively 1% and 5% of the French population.

Anorexia is a disorder that will require a lot of care; multidisciplinary care to reach a possible healing that will in most situations be reality. Even if a full healing wouldn’t be possible, care and improving quality of life will always be possible (take for example diabete type 1!). It’s important to remember that healing is possible  so to stay in the care continuity.

I propose here an analogy between care and functional rehabilitation type of care practiced by physical therapists.

Indeed, after an injury, all the rehabilitation work will be to strengthen muscles around the affected joint while trying to overcome pain (you know when the physical therapist insists on that point and that we suffer). It is important to do this regularly to avoid sclerosis of the joint, resulting in loss of suppleness and flexibility.

 

That is why it is important to confront the pain, the pain that can be felt in the stomach after an increase in food intake, accompanied by the weight gain anguish. It is necessary to go to the pain and then overcome it!  It is important to act as quickly as possible otherwise the suffering person will lose any possibility of food enlargement.

 

Sometimes the pain is so difficult to overcome (weight gain fear after eating starchy foods such carbohydrates) that healing can no longer be achieved at home as outpatient but only in hospital. The role of caregivers will be to accompany this fear on a daily basis / the pain caused by increased food intake, not only to put on weight but to limit the risk of “sclerosis eating” and feed the malnourished body. And indeed, most we come late, more adhesions (hear them eating rigidities) are important and difficult to overcome.

 

Healing anorexia nervosa is identical to this type of rehabilitation. We will have to confront the pain and go beyond, confront the pain to avoid the risk of “freezing” the disease in its rigidity.

 

The care in anorexia will respect temporality and pain, a time to overcome it and a time to breathe back. Here’s how you can slowly overcome an eating disorder, because the first thing is to fight tiredness generated by the lack of food energy in the body.  And remember: body is not the weight, the weight being a characteristic of the non-significant body.

Caregivers will always take care of the body not the weight, healing is for body not for weight.

 

By Nicolas Sahuc (France)

Translate by Nathalie Decoo from Anorexie Boulimie Ensemble (Belgium)

Par défaut