réflexion sur les problèmes de diététique

« maigrir lentement » : Le choix du rythme comme solution dans la perte de poids

De « maigrir vite » à « maigrir lentement »  la démarche est valorisée actuellement et même définie comme « solution ».
La tendance actuelle est de nous proposer « l’éloge de la lenteur » (le slowfood, manger en pleine conscience…) comme un rempart comme l’accélération de notre quotidienneté nous rendant inconscient de nos actes. Ce serait cette rapidité qui nous empêche de faire les bons choix, nous conduisant à l’obésité.
Il est donc préférable aujourd’hui de « maigrir lentement » car c’est « durable dans le temps », car la pratique des professionnels qui proposait de « maigrir vite » a eu comme résultat l’échec. Alors, grâce à la « bien pensance », il est dans logique de proposer l’opposé de cette action pour définir « une nouvelle bonne solution », soit du vite au rapide.
Or le changement de rythme n’est pas toujours accompagné d’un changement de mode et « maigrir lentement » ou « maigrir vite » restera toujours maigrir.
Le problème est dans le vouloir maigrir qui est une négation du corps biologique, qui a sa propre cinétique. C’est poursuivre cette tendance historique de la confusion du « poids ou de l’image du corps » avec le « corps vivant ». Nourrir le corps est un geste éthique relevant de nos choix, d’une morale envers soi-même et non d’une perte de poids.
En cela, de la vitesse à la lenteur n’est en rien un geste éthique ni philosophique. Il est seulement un choix du rythme.
De « Manger vite » à « manger lentement » ne définit pas le mode puisque je peux être hédonniste et manger vite ou lentement, épicurien et manger vite ou lentement, ascètique et manger vite ou lentement.
Tout changement de rythme sans changement de mode est voué à un échec.
Publicités
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

« Dans le pratique du régime il y a la perte du sensible » – Courte réflexion sur la perte de poids

Tout article souffre d’un manque de lenteur à sa lecture. Oui à l’éloge de la lenteur dans la lecture d’un article pour en comprendre toutes les nuances, car elles sont nombreuses, cachées, métaphoriques,… « Voilà pourquoi on ne court pas dans un bois pour ramasser des cèpes, on marche pour les dénicher ».

« Pour bien agir il faut savoir agir à propos. » M. de Montaigne

Cette formulation vous correspond totalement si vous voulez « perdre du poids » . Vouloir perdre du poids est un désir parfois logique et/ou nécessaire mais partir bille-en-tête pour plonger dans la solution « régime » n’est pas agir à propos.
Dans la pratique du régime, le corps lui-même est oublié, réduit à une « matière inerte »  soumis désormais aux lois de la mécanique. Le monde du sensible disparaît.
Il n’est plus compris par ses rythmes, ses variations fines (par exemple de la faim, ses surprises de rassasiement) mais seulement au travers d’une relation de « cause à effets » alimentation sur le poids. Le fonctionnement est réduit par une réflexion mathématique, ne pouvant laisser une place à l’imprévisible, au surprenant : «  je pensais avoir faim à 12h et je n’ai pas ressenti cette faim mais je dois manger quand même ».
Il est urgent de vivre le rythme corps, ce rythme du vivant qui n’est pas soumis à ce raisonnement mathématique mais à l’analyse dite synthétiques. C’est seulement ainsi que vous ne allez pouvoir retrouver votre forme physique. La réflexion sur votre l’alimentation demande à épouser les formes spécifiques du rythme de votre corps afin d’obtenir un mouvement synchrone. De-là pourra naître un champ du possible vous conduisant à une alimentation sans culpabilité.
Seulement dans ce contexte une non contrainte dans le corps sera possible et le poids pourra suivre.
Je tiens à mettre en garde face aux adaptations du corps. Sans prises alimentaires suffisantes le corps se met dans une « veille » conduisant au phénomène suivant de ne plus ressentir la faim.
Cet article ne remplace pas une évaluation par un professionnel de santé de votre situation, il est écrit dans un but de critique et de réflexion pour mieux appréhender la pratique des patients ainsi que des professionnels. 
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Anorexie, une recherche de la perte de poids par plaisir…

Les récentes recherches scientifiques nous emmène à concevoir le problème de l’anorexie mentale de manière nouvelle. Le Pr Gorwood nous propose d’explorer le concept du « plaisir à maigrir » plutôt que la « peur de grossir » dans la problématique de l’anorexie mentale.


Mes réflexions philosophiques – en éthique médicale et hospitalière – m’avaient déjà fait poser le débat sur le poids de manière différente.

Premièrement le fait de confondre le poids avec le corps lui-même est la principale erreur dans le domaine de la diététique. Cette confusion immédiate produit des logiques de pensées inadaptées comme celle de réduire les prises alimentaires pour perdre du poids, tout comme d’imaginer la perte de masse entre deux pesées quotidiennes. Les biais méthodologiques sont si nombreux qu’il est convient simplement de dire que cette logique immédiate, dans la relation poids/alimentation, est obligatoirement fausse.

Deuxièmement le poids va conditionner un mobile de notre acte alimentaire, c’est-à-dire une fin ou un objectif comme dirait les modernes. Cette fin en soi se décline de 3 manières différentes, recouverte par la même idée du poids :

  • ne pas vouloir prendre ou perdre du poids,
  • vouloir perdre du poids,
  • vouloir prendre du poids.

On peut donc observer le poids comme dénominateur commun aux différents types d’actions régissant nos prises alimentaires. C’est ici, que nous pourrions faire un rapprochement avec ce plaisir à la perte de poids. Les attitudes en lien avec le poids conduisent nos prises alimentaires à toujours les diminuer pour observer de la perte ou de la non prise de poids dans les deux premiers cas. Dans le dernier cas, la subtilité est plus difficile à mettre en avant et pour le moment je ne peux conclure seulement à ce faux lien maintenu entre le poids et l’alimentation.


En ouverture de réflexion : tant qu’un lien poids et l’alimentation est existant, le comportement alimentaire restera problématique.

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

La nutrition est tout sauf intuitif 

Rien n’est intuitif dans la nutrition et la gestion du poids puisque l’idée simple, qui apparait même chez le jeunes enfants, qui est la plus partagée par la population, cette pensée de réduire ses apports alimentaires pour perdre du poids provoque seulement une faim démesurée en milieu d’après-midi, une nécessité de ne pas manger et dans le pire des cas : la naissance d’un trouble alimentaire.
 
On pourrait croire que réduire serait la solution, de manière intuitive alors qu’elle est la porte d’entrée dans le problème. Si cette solution était intuitive, évidente, simple et facile, les problèmes de poids et sa gestion se règleraient facilement. 
Or notre contextuel démontre bien que cette pensée est seulement contre-nature et à la base du maintien des problèmes alimentaires.
Pour s’en sortir consulter un professionnel avec éthique et pratique.
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Et le sport, qui n’est plus du sport mais un contrôle du poids

Court extrait d’une réflexion matinale avec un patient : Le Patient : « vous comprenez je fais du sport pour combattre mes mauvaises habitudes » NS : « Ce qui veut dire que si vous n’aviez pas de mauvaises habitudes vous ne feriez pas de sport? Alors est-ce du sport? Ou un controle du poids? » P : « C’est pour la conscience…Pour me défouler » NS : « peut-être faire du sport pour le sport car courir pour les mauvaises habitudes, entretien les mauvaises habitudes » P : « Et manger ce que je veux aussi même si je fais attention » NS : « courir pour se défouler c’est plus logique, pour les mauvaises habitudes ça pose problème » P : « Je me suis mis au sport pour maigrir mais j’y ai pris goût ! C’est un besoin vital 😉 » NS : « toute la problématique de se vouloir de faire ce que l’on veut sans subir les conséquences. N’est-ce pas le positionnement d’un tyran ? » NS : « je comprends bien que c’est vital et non pour les mauvaises habitudes » Comprenons la place du sport, il me semble que cela s’inscrit dans un élan vital, dans une attitude à soi et de manière indépendante d’un contexte de poids, de stress… On le pratique par notre idée de condition de l’homme car il nous est possible de le pratiquer. Mais courir pour de la nourriture nous ramène à notre idée de l’homme le plus préhistorique, celui qui courrait pour manger, pour se nourrir alors qu’aujourd’hui l’homme pour perdre ses excès. Ce n’est non plus la nourriture qui est modifiée, transformée mais aussi la pratique sportive qui est détournée de son origine. La pratique du sport devient tyranique au sens de faire comme on l’entend sans se soucier des conséquences. C’est cette partie transformée qui est problématique non pas le fait de faire du sport.

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Il est aberrant de penser : « manger quand j’ai des émotions est problématique »

Pour comprendre ce post, appuyons nous sur ce dernier message que j’ai reçu et critiquons les idées reçues pour pouvoir nous aider à nous débarrasser des problématiques alimentaires :

Mme .  écrit : « J’étais bien partie… Et puis craquage habituel quasi quotidien : 4 balisto, 3 milky way, 3 sachets de petits gâteau sans compter le gros carré de chocolat fourré praliné que je m’étais accordé dans l’après-midi tout après un fast-food… Mon dieu… Pourquoi tout ça alors que pas faim ni gourmandise ni envie de manger je ne sais pas mais ça me rend malheureuse, je me sens nulle, l’impression que je ne vais jamais me débarrasser de cette sale habitude et que je vais finir pas devenir obèse ou tout du moins reprendre tous les kg que j’avais perdu depuis 1 an…« 

1) Ceci n’est pas une crise de boulimie! Alors que la population générale, ignorante, se pose en expert des troubles alimentaires confondant une compulsion alimentaire et une crise de boulimie. Pourquoi n’est-ce pas une crise de boulimie ?

  • La quantité consommée peut être consommée par n’importe qui dans le même temps. Le critère d’une crise de boulimie est la quantité de nourriture ingérée qui ne peut être consommé par un autre individu dans le même temps. Habituellement le coût minimal d’une crise est > 20 euros.
  • Dans cet évènement il y’a une hiérarchisation, une structuration consciente alors que dans la crise de boulimie l’anarchie règne et surtout sans conscience.

C’est un très grand problème de croire que cet évènement est une crise, car cela relève du même soin mais l’intensité de la problématique est totalement différente.

2) Ce qui est pathologique est le caractère du mail dont tout tourne autour de la prise de poids, de cet angoisse de l’image corporelle, d’avoir l’impression de ne pas avoir fait correctement sur le plan alimentaire et pour point d’orgue la culpabilité et l’auto-dévaluation.

L’attitude de vouloir se mettre au régime dès le lendemain et analyser ses calories ingérées sont les comportements pathologiques.

Car face au chat, la souris reste figée de peur. Et il semble illogique de vouloir demander à la souris de se calmer, de se relaxer face à cet évènement. C’est une réponse adaptée. Alors « manger » quand nous sommes face à une difficulté devient la réponse logique et non pathologique. Le travail psychologique vous permettra de trouver des réponses plus adaptées au fil des consultations.

3) « J’étais bien partie » c’est imaginer que la vie est prévisible. On ne peut vivre que la déception en partant avec cette idée. Comprenons que le corps comme la vie sont imprévisibles et nous demandent de trouver une adaptation permanente.

Pour finir ce petit post, dire « manger par émotion » est un abus de langage puisque nous avons régulièrement des émotions et pour autant toutes ne nous font pas manger. Il y a une imprécision qui contribue à cet abus de langage.

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Maigrir ne veut pas dire se dénutrir

L’état de dénutrition apparait quand le corps est dans un système « déséquilibré ». Un corps atteint par une maladie peut voir son métabolisme de base modifié et bien souvent augmenté. Les besoins augmentant imposent une adaptation des apports énergétiques pour éviter cet état asymétrique : les besoins doivent être compenser par un apport ajusté. Dans un autre cas, lorsque les apports sont insuffisants aux regards des besoins du corps qui n’ont pas évolué, ces besoins étant non adaptés, alors le corps se trouve dans cette dynamique asymétrique. Cette situation est la plus fréquente dans le désir de perdre du poids. Hâté par le désir de se sentir mieux, les besoins et la nature du corps sont passés sous silence pour obtenir cet état de mieux être rapide. Mais ce n’est sans oublier les conséquences de la dénutrition chez l’homme. En effet, les prises alimentaires vont être perturbées par cette situation qui se traduisent pas une perte de contrôle sur l’alimentation : impossibilité de s’arrêter de manger. L’appétence sur le sucré se voit très augmentée. Pour finir, l’état de fatigue conséquence de la dénutrition provoque une fragilité psychologique. On comprend aisément que tout cela conduise à la problématique des comportements alimentaires. Mais la plupart du temps, elle est due à une dénutrition énergétique plutôt qu’une situation psychologique. Si maigrir comme se dénutrir respecte un corps qui a la nécessité de perdre du poids dans un cas il y a aucunes conséquences sur le comportement alimentaire et dans l’autre l’émergence d’une problématique alimentaire (dénutrition). Bien souvent, nous sommes face à des états de dénutrition énergétiques plus que des troubles alimentaires dans l’idée de perte de poids. C’est-à-dire que nous corrigeons des erreurs de dénutrition plus que de traiter des prises alimentaires émotionnelles ou de troubles alimentaires. Sans connaissances et les compétences d’un spécialiste, les individus se trouvent dans des états de carence énergétique pensant « manger équilibré » comme si c’était la condition suffisante. Dans mon quotidien rare sont ceux qui ont recu une information nutritionnelle adaptée. En définitive la profession se bat contre elle-même, avec pour pantin le patient.

Par défaut