« C’est pas l’heure de manger ! Désormais pour ta santé, manges quand tu as faim. » Ironie des nouveaux concepts

La nouvelle approche de la diététique prône de manger quand on faim. Depuis 10 ans, je m’inscrits dans cette démarche mais pas avec le même concept du corps. Comprenons-nous…

Pour vous ôter toute une impatience concernant le sujet, je vous donne déjà la note ou la conclusion provisoire : « aujourd’hui il est urgent de ne pas trancher dans un choix de soins en diététique c’est-à-dire : manger à heures fixes ou quand on a faim.  Seul l’état physiologique et le contexte du patient permettra d’orienter les soins. »

Pour ceux qui accordent plus d’importance aux explications du prof, qu’à la note, voici un bref déroulé de ma pensée.

Force est de constater que notre société, nos contemporains s’arrangent toujours avec des raccourcis sur la réalité. Notre pensée immédiate, nos opinions se font l’économie de la critique de ce qui ont pensé plus loin que nous. De ce fait, nous aurons toujours tendance à diffuser des opinions à notre entourage bien plus qu’une réalité ou plutôt une exactitude des faits. Examinons les limites du « manger à heures fixes ». Fondamentalement il présuppose des notions de physique et du temps très particulières. L’heure du repas sera fixée par nos horloges (bien sur les montres françaises valent pour les français…). En quelque part, elle donne à penser que le corps est soumis aux lois des horloges.

Souvent par amusement, en consultation, j’enlève ma montre du poignet et demande au patient si le temps dans mon corps s’est arrêté ? Bien sûr, ici mon ironie mordante, aide seulement à comprendre les artifices de nos langages, ces petits arrangements dont la seule réalité qu’ils proposent : « est de ne rien comprendre aux phénomènes réels. » Car il n’existe pas de montre qui commande le corps, du moins pour l’instant… Je fais là un peu d’anticipation, car nos montres connectées, pour le moment, elles relèvent que le rythme, cycle, durée dans nos corps, il est très certainement probable qu’un jour apparaitront des montres connectées et implantées dicter les rythmes de notre corps selon le bon vouloir de notre pensée. En cela, on pourra affirmer et décider que c’est l’heure de manger.

Mais cette heure de manger sera une décision, un choix, correspondra-t-il  à un besoin? Pour revenir au corps, dans ce lieu dans lequel des phénomènes physico-biologico-chimiques se déroulent, provoquant ainsi le métabolisme. Equation regroupant les phénomènes de destruction et construction de la matière. Le hic, c’est que la science utilise ce même repère : le temps, via des chronos, pour mesurer les cycles dans le corps. On mesure des durées et non des horaires d’horloge ! A la différence de l’éducation qui pense le temps en heure de montre, la science pense le temps en terme de durée. Il y a donc des confusions dans la légitimité de l’heure du repas. Ce moment de prise alimentaire peut correspondre de manière concomitante à la fin d’une durée biologique (variation du profil glycémique) et à une heure sociale de repas (exemple 12h). Mais il n’est pas certain que ce soit toujours le cas, prenons l’exemple de l’après-midi. La durée de la non faim (et donc de la non-préoccupation de la recherche de la nourriture) soit de la satiété, est d’une durée de 5h seulement si le repas précédent contient une quantité précise de glucides. En prenant notre repas à 12h, et une durée de 5h nous arrivons vers 17h, moment dans lequel la pré-occupation pour manger va apparaître. Pour la société ce n’est pas l’heure de manger alors qu’en terme de durée, de cycle dans le corps, le désir de manger comme la prise alimentaire, cela correspond au bon moment ou plutôt à un certain état du corps.

Mais combien d’entre nous font aussi l’expérience, de manger qu’un petit peu et de voir apparaître une nouvelle faim bien plus tardive comparativement à un repas complet ? C’est bien là aussi le hic ! Penser le temps dans le corps à travers le chronos ou la durée (qui utilise le chronos) ne permet certainement pas de comprendre une notion particulière qui est le temps biologique. C’est un temps que je qualifierai d’imprévisible, dans lequel se passent des réactions physico-biologico-chimiques ne relevant pas forcément d’un cycle ou d’une révolution mais d’un état du corps non interprétable.

Nous voici donc (de manière rapide, je l’avoue) à une conclusion plus complète concernant la question : faut-il ou pas manger heures fixes ou quand on a faim. En y regardant de plus près, manger à heures fixes ou quand on a faim, c’est la même chose, puisque dans les deux cas, c’est une notion de cycle du temps des horloges ou de la durée qui dicte le repas, avec l’idée sous-jacente de révolution dans le corps, imposant ainsi l’idée que nous sommes dans un même état du corps déjà vécu. Or le corps ne faitsant pas un retour sur un état déjà vécu puisqu’il se transforme au fur et à mesure de nouvelles prises alimentaires nous sommes obligés de penser le corps à chaque fois de manière unique et indépendante du temps pour se nourrir…

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