réflexion sur les problèmes de diététique

Choisir les aliments est moins problématique que de prévoir les quantités à consommer

A distance d’un repas, nous sommes capables de choisir les prochains aliments à consommer. En fonction de notre plaisir, de notre santé, de notre rapport à l’image du corps comme du poids, nous allons déterminer ce qui nous semble être les meilleurs aliments selon l’objectif que nous poursuivons. Or, ces objectifs ont rarement un lien concret avec la réalité des phénomènes dans le corps, seulement avec des idées pétries d’informations fausses. Même chez le diabétique, qui doit prévoir sa prochaine dose d’insuline, sans l’aide d’un lecteur glycémique, il est assuré de se tromper dans son dosage. Son choix nécessite une confrontation biologique, qui se réalise grâce au lecteur glycémique, pour ajuster son dosage d’insuline.

Nous sommes condamnés à nous réajuster en permanence sur l’état du corps, même si cela n’a rien à voir avec ce que nous avions prévu. Nos choix sur les aliments sont conditionnés par notre objectif (plaisir, poids, image du corps…) mais la quantité est, elle, conditionnée par l’état du corps qui est non mesurable. A noter, que l’état du corps n’est pas interprétable par notre intellect, car faire agir l’intellect au moment d’une hypoglycémie (par exemple) est à coup sûr le meilleur moyen pour déclencher une crise alimentaire. Pourquoi ? Notre intellect juge en fonction de l’objectif et non en fonction de l’état du corps. Même si notre cerveau se loge dans notre corps, il est connecté à lui par un système électrique incroyable qui échappe à tout raisonnement logique immédiat.

Alors pour mieux manger ? Pensez à prévoir votre prochain repas et surtout pensez à vous adapter en fonction de la faim et de votre rassasiement à ce moment précis. MAIS ATTENTION une prise alimentaire entre les bornes ne sera jamais une condition suffisante pour avoir une bonne lecture sur le besoin du corps.

Publicités
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

La culpabilité dans les régimes ou les troubles alimentaires

Dernièrement j’avais écrit sur le concept d’éthique minimaliste concernant la culpabilité. Cette éthique  propose l’idée que nos actions sont Amorales quand elle sont faites par nous-même en vue de nous-même. Je rappelle cet exemple  : « un parent qui mange vegan a une attitude qui est amorale, par contre proposer une alimentation végétarienne à un corps en croissance est une attitude Immorale« . De ce fait, la culpabilité est lorsque je suis responsable d’un tort commis sur autrui, en l’occurence l’enfant en croissance.

Dans la pratique de la perte de poids, ce sentiment est vécu par de nombreuses personnes. Il apparaît quand nous estimons que nous avons « trop mangé ». Or cette culpabilité n’est pas d’origine morale, elle prend son origine dans une évaluation inappropriée du fonctionnement de l’organisme (biologie du corps). Le besoin de boire comme de manger est difficile à prévoir, ni dans le temps et ni en quantité, on ne peut que présupposer. N’étant pas dans l’état biologique du corps qui a soif ou faim, nous ne pouvons prévoir la quantité d’eau ou de nourriture à consommer pour cet état. Prévoir donc une quantité de nourriture à consommer dans cet état futur, c’est donc fixer une norme, une valeur référentielle qui servira de jugement.

Si je prévois de manger un fruit et un yaourt à 17h, collation, trois situations alors sont possibles : 1) par coup de chance mon yaourt et mon fruit correspondent à mon état de faim 2) la consommation du yaourt et du fruit sont « trop » comparée à mon état biologique 3) cette collation est insuffisante pour réduire le déficit énergétique du corps.

C’est principalement dans la situation 3ème qu’apparait la culpabilité, pourquoi ? Le fait d’avoir une collation prévue insuffisante produit un état de faim continuel favorisant le déclenchement d’envies alimentaires. Ces nouvelles prises alimentaires vont être jugées comme trop, j’appelle ce moment : « LE POINT MORAL ». Ce moment où j’estime que c’est trop par rapport à ce que j’ai prévu et non par rapport à mon état biologique. Ainsi, les prises alimentaires prévues dépassées, l’excès se poursuit…

Pour comprendre, cette culpabilité n’en est pas une puisque son origine est dans une évaluation d’une prise alimentaire future sur un hypothétique état du corps. Ici, nous mesurons l’erreur historique des pratiques alimentaires pour les pertes de poids.

Donc pour se sortir de cette dite culpabilité, modifions son origine, c’est-à-dire en arrêtant d’imaginer ce que nous devrions manger dans un futur, présupposant que nous connaîtrions l’état du corps dans ce futur.

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

« maigrir lentement » : Le choix du rythme comme solution dans la perte de poids

De « maigrir vite » à « maigrir lentement »  la démarche est valorisée actuellement et même définie comme « solution ».
La tendance actuelle est de nous proposer « l’éloge de la lenteur » (le slowfood, manger en pleine conscience…) comme un rempart comme l’accélération de notre quotidienneté nous rendant inconscient de nos actes. Ce serait cette rapidité qui nous empêche de faire les bons choix, nous conduisant à l’obésité.
Il est donc préférable aujourd’hui de « maigrir lentement » car c’est « durable dans le temps », car la pratique des professionnels qui proposait de « maigrir vite » a eu comme résultat l’échec. Alors, grâce à la « bien pensance », il est dans logique de proposer l’opposé de cette action pour définir « une nouvelle bonne solution », soit du vite au rapide.
Or le changement de rythme n’est pas toujours accompagné d’un changement de mode et « maigrir lentement » ou « maigrir vite » restera toujours maigrir.
Le problème est dans le vouloir maigrir qui est une négation du corps biologique, qui a sa propre cinétique. C’est poursuivre cette tendance historique de la confusion du « poids ou de l’image du corps » avec le « corps vivant ». Nourrir le corps est un geste éthique relevant de nos choix, d’une morale envers soi-même et non d’une perte de poids.
En cela, de la vitesse à la lenteur n’est en rien un geste éthique ni philosophique. Il est seulement un choix du rythme.
De « Manger vite » à « manger lentement » ne définit pas le mode puisque je peux être hédonniste et manger vite ou lentement, épicurien et manger vite ou lentement, ascètique et manger vite ou lentement.
Tout changement de rythme sans changement de mode est voué à un échec.
Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Désir délibératif et compulsion alimentaire

Une personne est toujours surprise de se faire « non diagnostiquer » comme trouble des conduites alimentaires, alors qu’elle subit une compulsion alimentaire régulière quasi de manière quotidienne. La récurrence des crises alimentaires, le sentiment de perte de contrôle sur l’alimentation sont des critères de diagnostic du DSM-V qui côtent pour la crise de « binge-eating ».

Mais je vais examiner cette problématique sous un angle nouveau : le processus de délibération.

Tout peut se décider le matin…

Moment crucial de la journée, ce moment où l’on peut croire à un corps au plus proche de sa réalité : le matin. Il est souvent qualifié : « à jeun/vide », donc mesurable, car dans les dernières heures, sauf prises alimentaires nocturnes, le corps ne reçoit pas de nourriture. Lors du réveil, le miroir comme la balance « pèse personne » et les autres moyens de mesure actuels du corps vont nous donner une information sur le corps. Si nous désirons perdre du poids (quelque soit l’IMC) nous allons délibérer de nos attitudes alimentaires (et des choix d’aliments, comme du sport) pour atteindre notre objectif de perte de poids ou notre modification de l’image du corps (IP/IC). Nous conformons nos moyens en vue de l’objectif.

Une partie des comportements alimentaires (les observables et non-observables) peut être sous-tendue  par ce processus délibératif. Deux autres parties existent et peuvent modifier les comportements alimentaires. En effet, selon l’état émotionnel comme l’état physiologique, des prises alimentaires peuvent apparaître malgré la décision de résister face au désir d’avoir une prise alimentaire, soit de compulser. La dynamique physiologique ennuie encore beaucoup de nos contemporains, ne supportant pas la réalité d’une gouvernance du corps sur notre raison. Pourtant, la non-couverture minimale des besoins en glucides complexes, dans les instants nécessitant un besoin, crée un état physiologique particulier du corps, un déficit dans le corps à l’origine des pensées dirigées vers la nourriture et la perception de faim stomacale.

Mais si le matin, après délibération, la décision de ne pas craquer, et si le contexte psychologique le peut, il y aura une plus grande tendance à faire face à la compulsion alimentaire et ce malgré l’état physiologique particulier. La conséquence sera une intensification des pensées dirigées vers la nourriture puisque le corps est déficitaire en glucides. Dans ce type de situation, le comportement attendu « est de manger » et même de manger assez vite! Mais la délibération contient la compulsion alimentaire par une volonté insensible à l’état psychologique. Ce qui semble comme positif, soit de résister à la prise alimentaire et donc de lutter contre le risque de prendre du poids, n’est ici qu’une prise de décision mais une décision inadaptée. Inadaptée, car le comportement attendu, donc la « norme » dans le corps, est la prise alimentaire. Si la délibération du matin vient empêcher la prise alimentaire, elle marque le caractère problématique de l’obstination, soit une inadaptation sur le réel.

Tout peut se décider avant l’heure du repas…

Mais l’inverse se produit aussi! N’ayant pas faim et étant obligé de passer à table, nous pouvons prendre la décision de manger. Dans cette situation, les sensations concernant les prises alimentaires (faim et rassasiement) n’existeront pas et ne sont pas à questionner, ni à rechercher puisque nous sommes dans un état post-délibératif. Nous nous appliquons à agir conformément à l’objectif désiré : celui de manger. Si la décision va dans le sens de manger, alors nous mangeons indépendamment des sensations de faim et de rassasiement. Pensons à la formule « foutu pour foutu » qui illustre bien ce processus.

La délibération et l’obstination relèvent d’une dynamique problématique seulement si elles sont dans le but de modifier son IP/IC. Cette dynamique peut être questionnée dans certaines situations comme la pratique sportive avec un désir de performance, un manger sain dans le cas d’une orthorexie… Elles relèvent d’une dynamique posturale et non éthique. Dans les autres situations, elles sont à nuancer. La question de la liberté sera à questionner pour comprendre la mécanique de pensée.

Pour faire une petite conclusion la délibération et l’obstination sont des points problématiques dans les comportements alimentaires ne traduisant pas toujours un trouble des conduites alimentaires, mais lorsque les fins sont le désir de modifier son corps, son image du corps et son poids, alors ils sont des signes de troubles alimentaires.

Par défaut
conference publique

Les troubles alimentaires à Nîmes / Congrès 2018

Bonjour, voici les informations concernant le 6ème congrès organisé avec l’association l’ACT, redonnons du sens au comportement alimentaire, le Pr S. Guillaume, le Dr D. Costa et M. Sahuc.

Cette nouvelle édition aura lieux au carré d’art de la ville de Nîmes.

Le Dr Alain Perroud éminent spécialiste des troubles alimentaires, psychiatre et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet de l’anorexie comme la boulimie, nous fait l’honneur d’être le président de cette journée.

La journée sera réservée aux professionnels de santé médicaux et paramédicaux, diplômés ou élèves en cours de formation dans des études validées.

La date : le 27 avril 2018

La journée est soumise à inscription, capacité d’accueil: 160 participants.

PROGRAMME A TELECHARGER : Programme + Fiche inscription2018

Les thèmes abordés seront la place du soin, l’intérêt du traitement de l’image du corps, qu’est-ce que le corps, l’orthorexie et le DSM-V.

En comptant sur votre présence pour relever le défi actuel concernant la prise en charge des troubles alimentaires.affiche-congrès-2018

Crédits photo: Nicolas Sahuc

Bien à vous.

 

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

En finir avec l’idée de « taper dans les réserves » pour perdre du poids

Encore une des aberrations que j’entends en permanence dans les consultations provenant de fausses informations véhiculées par des non-professionnels de santé, qui se rendent donc responsables de certaines obésités ou troubles alimentaires!

Pourquoi « taper dans les réserves » ne peut pas vous faire perdre du poids : malheureusement le corps est organisé de façon telle qu’il possède des réserves énergétiques dans quasi toute sa structure (en lipide, en protide, en glucide, en ATP…) dans des stocks de tailles différentes. Prenons par exemple, la matière grasse chez une femme, classiquement nous retrouvons un taux de matière grasse de 20% du poids du corps soit 10kg pour un corps de 50kg. Sachez qu’un 1gr de graisse contient un niveau d’énergie de 9kCal, nous sommes d’accord qu’1kg représentant 1000gr contient donc une somme d’énergie de 9000kCal soit pour 10kg, nous avons une réserve de 90000kCal dans ce corps. Les mesures scientifiques sont plus avantageuses car les valeurs retrouvées en triglycérides dans le corps sont plus proches de 80000kCal que de 90000kCal! Une consommation moyenne d’énergie chez la femme est d’environ : 2000kCal/j, ce qui mathématiquement parlant pourrait assurer 40jrs de besoins sans manger! A noter que le corps vient à modifier son  fonctionnement par un ralentissement au fur et à mesure que son niveau d’énergie baisse. Ceci est sans compter les énergies stockées en protides (20000kCal environ) et en glucides.

Bref, la perte de poids est une conception fausse de la compréhension du corps, en cela elle doit être changée pour plus réfléchir sur les attitudes qui maintiennent l’excédent de poids, sans créer d’état de dénutrition. Supprimer tout apport en glucides est une erreur majeure puisque c’est une des réserves des plus faibles dans un corps (2400kCal) et dont nous sommes le plus dépendants comme nos neurones.

SAUTER DES REPAS N’A PAS DE RELLE EFFICACITE SUR LA PERTE DE POIDS MAIS CREE DES INCIDENCES BIOLOGIQUES AUGMENTANT LE BESOIN DE SUCRÉ DANS UNE JOURNÉE.

Par défaut