Culpabilité, après avoir trop mangé

Aujourd’hui, appuyé par une démarche psychologique des soins dans le comportement alimentaire, le concept de culpabilité est utilisé comme levier thérapeutique. Mettons à l’examen ce concept pour en définir quelques limites de cette idée.

Lorsque « Je mange un gâteau, je me sens coupable », « je mange et que je n’ai pas faim, je me sens coupable » « je mange entre les repas, je me sens coupable »… et la liste est longue tant nous pouvons être coupable pour toutes ces actions qui ne correspondent pas à la norme nutritionnelle éducative. Dans ce contexte, il me semble que l’on peut désigner 3 victimes : moi-même, la société et mon poids (ou image corporelle) avec au minimum un coupable « moi-même » (en fait au nombre > 4).

Je vais m’intéresser de manière très brève sur les états d’âme du coupable principal qui est « moi-même » :

Si le coupable ressent de la culpabilité, il nous faut déjà noté que c’est un point positif. Positif, car il nous est nécessaire de comprendre quel est le coupable sans culpabilité ? (liste non exhaustive) 

  •  Le pervers, qui lui prendra du plaisir dans les sévices qu’il inflige. 
  • Celui qui se croit au-dessus des lois et donc qui se moque de la société et de ses conséquences. 
  • Un tyran, un dictateur peuvent être aussi des coupables qui ne ressentent pas la culpabilité. 

Alors, quand la faute au sens d’une norme nutritionnelle est réalisée, la victime, qui est aussi nous-même, ressent une agression et le coupable qui est nous-même ressent le sentiment d’avoir fait mal, culpabilité. Cette culpabilité renvoie directement au remord que vit le coupable dans la faute.

Et en effet, dans certains cas le « re-mord » conduit à la deuxième prise alimentaire, dans une idée de la complaisance à la noirceur de type « foutu pour foutu ».

Le remord nous emmène à la prise de conscience de notre mauvais acte, où nous essayons d’imaginer les scénarii qui auraient pu nous conduire à agir de manière différente. Remarquons de suite l’utilisation du temps « conditionnel » pour l’imaginaire des scénarii, marquant ainsi le  premier temps du remord: la première morsure.

Puis la deuxième morsure qui sonne le retour dans le réel, la faute va passer l’étape du tribunal intérieur pour jugement. Il est à noter que le professionnel médical tient une place d’accusateur dans ce tribunal.

Dès lors, nous allons remplir le banc de victimes en plus de soi-même : le poids, l’image corporelle…et l’indemnisation des victimes se fera par l’application, par exemple, d’une nouvelle volonté, de nouvelles règles alimentaires pour perdre du poids, …

Pour être court

La question centrale n’est non pas la culpabilité mais le remord qui nous amène à réfléchir sur l’avenir. Je dirais que les plus mauvaises décisions seraient d’adopter de nouvelles postures face à la problématique de l’alimentation à la place d’une réflexion éthique dans nos actes alimentaires.

La carotte c’est sucré! 

Une des aberrations que l’on entend souvent  :

Il ya du sucre dans la carotte, il faut l’éviter pour le regime et encore plus si tu es diabétique 

Mais regardons de plus près cette aberration.

1) Les légumes sont dans la moyenne:

La carotte contient en moyenne 7gr de glucides au 100gr (soit une portion de cantine scolaire). Ce qui est dans la moyenne des légumes puisque on compte entre 5-10gr/100gr pour les légumes.

2) Les apports en glucides de la carotte sont insignifiants aux regards des besoins en glucide d’une personne:

Au poids le plus bas et que vous l’acceptiez ou pas, le corps a des besoins de 2000kCal/j.

Pendant le cursus Medical on apprend que 50% de ces apports doivent être réalisés par les glucides (complexe + simple), soit 1000kCal/j. 

Sachant que 1gr de glucide libère 4kCal, le besoin total en glucide est de 250gr/j et pour être précis 80gr par les simples et le reste par les complexes. 

Les légumes comme les fruits contiennent ces glucides simples et vont permettre de couvrir ces 80gr/j. 

Imaginons que vous soyez carottophile le nombre de portion de carottes à consommer par jour est   de 11 portions, soit 1,1kg/j. 

Calcul : 80/7= x portions de 100gr

A cette quantité là, les carottes vous rendront tellement aimable que vous allez rester calme face au prochain qui vous dira que « les carottes! C’est sucré! »

Et le sport, qui n’est plus du sport mais un contrôle du poids

Court extrait d’une réflexion matinale avec un patient : Le Patient : « vous comprenez je fais du sport pour combattre mes mauvaises habitudes » NS : « Ce qui veut dire que si vous n’aviez pas de mauvaises habitudes vous ne feriez pas de sport? Alors est-ce du sport? Ou un controle du poids? » P : « C’est pour la conscience…Pour me défouler » NS : « peut-être faire du sport pour le sport car courir pour les mauvaises habitudes, entretien les mauvaises habitudes » P : « Et manger ce que je veux aussi même si je fais attention » NS : « courir pour se défouler c’est plus logique, pour les mauvaises habitudes ça pose problème » P : « Je me suis mis au sport pour maigrir mais j’y ai pris goût ! C’est un besoin vital ;) » NS : « toute la problématique de se vouloir de faire ce que l’on veut sans subir les conséquences. N’est-ce pas le positionnement d’un tyran ? » NS : « je comprends bien que c’est vital et non pour les mauvaises habitudes » Comprenons la place du sport, il me semble que cela s’inscrit dans un élan vital, dans une attitude à soi et de manière indépendante d’un contexte de poids, de stress… On le pratique par notre idée de condition de l’homme car il nous est possible de le pratiquer. Mais courir pour de la nourriture nous ramène à notre idée de l’homme le plus préhistorique, celui qui courrait pour manger, pour se nourrir alors qu’aujourd’hui l’homme pour perdre ses excès. Ce n’est non plus la nourriture qui est modifiée, transformée mais aussi la pratique sportive qui est détournée de son origine. La pratique du sport devient tyranique au sens de faire comme on l’entend sans se soucier des conséquences. C’est cette partie transformée qui est problématique non pas le fait de faire du sport.