La carotte c’est sucré! 

Une des aberrations que l’on entend souvent  :

Il ya du sucre dans la carotte, il faut l’éviter pour le regime et encore plus si tu es diabétique 

Mais regardons de plus près cette aberration.

1) Les légumes sont dans la moyenne:

La carotte contient en moyenne 7gr de glucides au 100gr (soit une portion de cantine scolaire). Ce qui est dans la moyenne des légumes puisque on compte entre 5-10gr/100gr pour les légumes.

2) Les apports en glucides de la carotte sont insignifiants aux regards des besoins en glucide d’une personne:

Au poids le plus bas et que vous l’acceptiez ou pas, le corps a des besoins de 2000kCal/j.

Pendant le cursus Medical on apprend que 50% de ces apports doivent être réalisés par les glucides (complexe + simple), soit 1000kCal/j. 

Sachant que 1gr de glucide libère 4kCal, le besoin total en glucide est de 250gr/j et pour être précis 80gr par les simples et le reste par les complexes. 

Les légumes comme les fruits contiennent ces glucides simples et vont permettre de couvrir ces 80gr/j. 

Imaginons que vous soyez carottophile le nombre de portion de carottes à consommer par jour est   de 11 portions, soit 1,1kg/j. 

Calcul : 80/7= x portions de 100gr

A cette quantité là, les carottes vous rendront tellement aimable que vous allez rester calme face au prochain qui vous dira que « les carottes! C’est sucré! »

Et le sport, qui n’est plus du sport mais un contrôle du poids

Court extrait d’une réflexion matinale avec un patient : Le Patient : « vous comprenez je fais du sport pour combattre mes mauvaises habitudes » NS : « Ce qui veut dire que si vous n’aviez pas de mauvaises habitudes vous ne feriez pas de sport? Alors est-ce du sport? Ou un controle du poids? » P : « C’est pour la conscience…Pour me défouler » NS : « peut-être faire du sport pour le sport car courir pour les mauvaises habitudes, entretien les mauvaises habitudes » P : « Et manger ce que je veux aussi même si je fais attention » NS : « courir pour se défouler c’est plus logique, pour les mauvaises habitudes ça pose problème » P : « Je me suis mis au sport pour maigrir mais j’y ai pris goût ! C’est un besoin vital ;) » NS : « toute la problématique de se vouloir de faire ce que l’on veut sans subir les conséquences. N’est-ce pas le positionnement d’un tyran ? » NS : « je comprends bien que c’est vital et non pour les mauvaises habitudes » Comprenons la place du sport, il me semble que cela s’inscrit dans un élan vital, dans une attitude à soi et de manière indépendante d’un contexte de poids, de stress… On le pratique par notre idée de condition de l’homme car il nous est possible de le pratiquer. Mais courir pour de la nourriture nous ramène à notre idée de l’homme le plus préhistorique, celui qui courrait pour manger, pour se nourrir alors qu’aujourd’hui l’homme pour perdre ses excès. Ce n’est non plus la nourriture qui est modifiée, transformée mais aussi la pratique sportive qui est détournée de son origine. La pratique du sport devient tyranique au sens de faire comme on l’entend sans se soucier des conséquences. C’est cette partie transformée qui est problématique non pas le fait de faire du sport.

« Mais à 17h si je n’ai pas d’activité je suis affamée »

Comme la cigarette, une activité intellectuelle et aujourd’hui une pratique sportive sont les nouvelles attitudes développées pour lutter contre la faim. Très souvent l’entourage vous le conseille : « faire quelque chose pour éviter de manger, voire attendre le prochain repas » pour ne pas grignoter alors que vous notez bien que vous êtes affamé.
On comprend bien qu’il y a un évitement :
« oui il est vrai que l’activité n’est qu’un écran de fumée et lorsque je rente j’ai intéret a avoir préparé un repas équilibré sinon je mange…n’importe quoi »
Mais mange-t-on n’importe quoi? Au sens que des aliments qui seraient trop énergétiques, pas bon pour une santé,..
En y regardant de plus près, ce n’est pas n’importe quel aliment, puisque les aliments que vous consommez sont facilement mise en oeuvre, au sens, que l’on peut les manger sans les cuisiner : chocolat, on coupe du pain et du fromage, des biscuits…des aliments faciles à appréhender.
Donc ils se regroupent sous un aspect pratique. Seule la main est mise en action à la différence d’une crise de boulimie où des aliments peuvent être cuisinés comme faire cuire des pâtes.
La culpabilité jouera aussi son oeuvre car dans le rapport au contrôle du poids, vous allez consommer à l’excès induit par une déception de soi de n’avoir su résister. Cet excès sera aussi justifier par la mise en oeuvre de régime dès le lendemain.
Créer des écrans de fumées peuvent nous éviter de nous étouffer de nourriture alors que nous sommes affamés, mais en contre partie ils nous enfument l’esprit au quotidien mettant le poids au centre de nos pensées.

Il est aberrant de penser : « manger quand j’ai des émotions est problématique »

Pour comprendre ce post, appuyons nous sur ce dernier message que j’ai reçu et critiquons les idées reçues pour pouvoir nous aider à nous débarrasser des problématiques alimentaires :

Mme .  écrit : « J’étais bien partie… Et puis craquage habituel quasi quotidien : 4 balisto, 3 milky way, 3 sachets de petits gâteau sans compter le gros carré de chocolat fourré praliné que je m’étais accordé dans l’après-midi tout après un fast-food… Mon dieu… Pourquoi tout ça alors que pas faim ni gourmandise ni envie de manger je ne sais pas mais ça me rend malheureuse, je me sens nulle, l’impression que je ne vais jamais me débarrasser de cette sale habitude et que je vais finir pas devenir obèse ou tout du moins reprendre tous les kg que j’avais perdu depuis 1 an…« 

1) Ceci n’est pas une crise de boulimie! Alors que la population générale, ignorante, se pose en expert des troubles alimentaires confondant une compulsion alimentaire et une crise de boulimie. Pourquoi n’est-ce pas une crise de boulimie ?

  • La quantité consommée peut être consommée par n’importe qui dans le même temps. Le critère d’une crise de boulimie est la quantité de nourriture ingérée qui ne peut être consommé par un autre individu dans le même temps. Habituellement le coût minimal d’une crise est > 20 euros.
  • Dans cet évènement il y’a une hiérarchisation, une structuration consciente alors que dans la crise de boulimie l’anarchie règne et surtout sans conscience.

C’est un très grand problème de croire que cet évènement est une crise, car cela relève du même soin mais l’intensité de la problématique est totalement différente.

2) Ce qui est pathologique est le caractère du mail dont tout tourne autour de la prise de poids, de cet angoisse de l’image corporelle, d’avoir l’impression de ne pas avoir fait correctement sur le plan alimentaire et pour point d’orgue la culpabilité et l’auto-dévaluation.

L’attitude de vouloir se mettre au régime dès le lendemain et analyser ses calories ingérées sont les comportements pathologiques.

Car face au chat, la souris reste figée de peur. Et il semble illogique de vouloir demander à la souris de se calmer, de se relaxer face à cet évènement. C’est une réponse adaptée. Alors « manger » quand nous sommes face à une difficulté devient la réponse logique et non pathologique. Le travail psychologique vous permettra de trouver des réponses plus adaptées au fil des consultations.

3) « J’étais bien partie » c’est imaginer que la vie est prévisible. On ne peut vivre que la déception en partant avec cette idée. Comprenons que le corps comme la vie sont imprévisibles et nous demandent de trouver une adaptation permanente.

Pour finir ce petit post, dire « manger par émotion » est un abus de langage puisque nous avons régulièrement des émotions et pour autant toutes ne nous font pas manger. Il y a une imprécision qui contribue à cet abus de langage.

Maigrir ne veut pas dire se dénutrir

L’état de dénutrition apparait quand le corps est dans un système « déséquilibré ». Un corps atteint par une maladie peut voir son métabolisme de base modifié et bien souvent augmenté. Les besoins augmentant imposent une adaptation des apports énergétiques pour éviter cet état asymétrique : les besoins doivent être compenser par un apport ajusté. Dans un autre cas, lorsque les apports sont insuffisants aux regards des besoins du corps qui n’ont pas évolué, ces besoins étant non adaptés, alors le corps se trouve dans cette dynamique asymétrique. Cette situation est la plus fréquente dans le désir de perdre du poids. Hâté par le désir de se sentir mieux, les besoins et la nature du corps sont passés sous silence pour obtenir cet état de mieux être rapide. Mais ce n’est sans oublier les conséquences de la dénutrition chez l’homme. En effet, les prises alimentaires vont être perturbées par cette situation qui se traduisent pas une perte de contrôle sur l’alimentation : impossibilité de s’arrêter de manger. L’appétence sur le sucré se voit très augmentée. Pour finir, l’état de fatigue conséquence de la dénutrition provoque une fragilité psychologique. On comprend aisément que tout cela conduise à la problématique des comportements alimentaires. Mais la plupart du temps, elle est due à une dénutrition énergétique plutôt qu’une situation psychologique. Si maigrir comme se dénutrir respecte un corps qui a la nécessité de perdre du poids dans un cas il y a aucunes conséquences sur le comportement alimentaire et dans l’autre l’émergence d’une problématique alimentaire (dénutrition). Bien souvent, nous sommes face à des états de dénutrition énergétiques plus que des troubles alimentaires dans l’idée de perte de poids. C’est-à-dire que nous corrigeons des erreurs de dénutrition plus que de traiter des prises alimentaires émotionnelles ou de troubles alimentaires. Sans connaissances et les compétences d’un spécialiste, les individus se trouvent dans des états de carence énergétique pensant « manger équilibré » comme si c’était la condition suffisante. Dans mon quotidien rare sont ceux qui ont recu une information nutritionnelle adaptée. En définitive la profession se bat contre elle-même, avec pour pantin le patient.

Pour les fêtes, faites-vous belle !

Merci aux collègues canadiens d’avoir écrit cet  article  pour aider les personnes en souffrance des troubles alimentaires. Il est vrai que les fêtes sont un moment difficile à passer car la nourriture est plus que d’habitude un danger de chaque instant.

Mes collègues canadiens ont mis l’accent sur des recommandations utiles et pratiques concernant les attitudes alimentaires à observer pour être moins en difficulté. Voilà ce que je vais ajouter à cet article.

 

Commencez par vous dire que cette journée risque d’être « une journée difficile » et qu’il est possible que n’arriviez pas à faire face, car tout ne dépend pas de vous (le choix du repas, l’heure, les invités de la famille, ni le plan de table… que tout cela n’est pas fait contre vous mais seulement parce que c’est le destin qui fait cela).

En vous disant cela, si vous venez à craquer, les conséquences seront moins dramatiques. Moins en colère et moins déçu les prises alimentaires par excès seront moins quantitatives.

Par contre, agissez sur ce qui dépend de vous.  Faîtes que cette journée vous fasse être un Autre, invitez-vous vous même dans cette journée. 

Ce jour de noël est un jour qui doit être différent des autres et pour cela, je vous invite à mettre LA tenue qui tranche avec votre quotidien. Celle qui fait de vous quelqu’un de spécial, rien que par le fait de casser avec l’image habituelle. Prenez un bain parfumé, choisissez un échantillon de parfum différent, offrez vous une nouvelle tête et si vous pouvez aller faire un tour dans un magasin de maquillage, d’habits (je vous recommande le magasin Cappuccino à Nîmes), de demander conseil pour vous sublimer, non pas pour être vue, admirée mais plutôt pour que votre propre regard sur vous change.

 

Avancez pas à pas dans cette journée et dites merci aux compliments que vous allez recevoir. Si vous avez très faim avant le départ, préparez-vous un petit encas. Tout sera goûteux sur la table mais vous pouvez vous libérer en exerçant votre liberté en faisant les choix bons pour vous-même. Manger le gâteau par peur du poids ou de l’image corporelle c’est vous rendre esclave.

Conservez cette part de vous-même qui vous différencie en exerçant une liberté de chaque instant, vers ce qui est bon pour vous.

Faites vous le plus beau des cadeaux : être vous-même l’invité de cette journée, à qui vous faites le cadeau d’être bien avec lui.

 

Passez de bonnes fêtes.