L’obésité & les TCA humilient la médecine…

Introduction au cours de « troubles du comportement alimentaire et obésité »

Nicolas Sahuc le 5 avril 2016 à Montpellier

« Le cours d’auj. est toujours un moment un peu particulier, voire bizarre. Souvent, il y a peu d’attention en cours, cela fait sourire, on le prend à la « légère », on en rigole, la critique est facile, en argumentant que c’est facile de faire du régime ou encore que c’est un manque de volonté…

Mais soyons clair, l’obésité comme les TCA sont des pathologies qui auj. mettent la science & la médecine en difficulté. Ce sont des maladies qui vont jusqu’à « offenser » le savoir des soignants et je pourrais même aller dire que ces maladies humilient tellement la science que nous répondons auj. à cette humiliation par attaque du corps propre. Le corps va être atteint dans son intégrité par les nouvelles techniques de soins, qui au travers des chirurgies bariatriques va couper ou réduire l’estomac (sleeve) voire shunter la fonction propre du tube digestif par la technique du by-pass.

Ce sont des techniques radicales pour des situations d’urgences dans des conditions précices selon la HAS.

On pourrait penser que cela suffise à ne pas faire perdre la face à la science, à la médecine mais voilà que les études post-chirurgies nous révèlent 25% d’échec, augmentation du risque suicidaire, l’appartiition de troubles alimentaires…

Alors je vous propose d’amorcer une réflexion profonde face au patient touché par un trouble alimentaire par des problèmatiques de poids, d’image du corps…car le verbe, le conseil, la critique seront toujours facile mais rappelons que nous sommes face à notre propre échec, en tant que soignant face à la maladie.

Pour sortir de cette difficulté, il nous sera nécessaire comme pour le patient d’amorcer la rencontre avec le « CORPS ». Ce corps qui n’est pas cette « chose » c’est-à-dire le poids, l’image du corps, constances sanguines du point de vue de la médecine, mais rencontrer le corps dans sa singularité avec son rythme propre du vivant.

Après cette introduction, nous allons discuter des TCA et des personnes en difficultés avec l’alimentation/poids/ic en comprenant les mécanismes qui sous tendent ces problématiques. »

Obésité infantile, quelques réflexions

ITW Nicolas Sahuc pour Toute une histoire pour la prochaine émission :
Quels sont les bonnes règles alimentaires à adopter avec un enfant ? 

Le passage à table ne doit pas être le moment pour perdre l’habitude de nourrir l’enfant quand il a la sensation de faim. En effet, lors du passage au repas familial ou social, souvent on mange car c’est l’heure et non pas parce que l’on ressent la faim. Nous avons tendance à le faire finir une assiette ou de le faire manger car c’est l’heure et non pas parce qu’il a fail. Cette règle de base et simple doit nous rappeler de manger parce qu’une faim est présente et non pas parce que c’est l’heure. 
Quand considère-t-on qu’un enfant est en surpoids et comment ?

Pour vérifier qu’un enfant se trouve dans une situation d’obésité de grade 1 ou 2, simplement vous pouvez vous reporter sur les courbes d’Indice de Masse Corporelle qui sont dans les carnets de santé. Le degré 1 et 2 sont indiqués, à noter qu’il n’existe pas de surpoids chez l’enfant, uniquement un grade 1 ou 2 d’obésité. 

Il est important de s’inquiéter lorsque nous avons des cassures de courbes de poids, une déviation de la courbe. Marquer les points d’IMC permet de voir si le profil est normal (toujours sur la même déviation) ou s’il y a un changement. 
L’obésité chez l’enfant est-elle la même que chez l’adulte ? 

L’obésité correspond selon l’Organisation Mondiale de la Santé à un excès du tissus adipeux chez un individu qui va avoir des conséquences sur sa santé. Des comorbidités peuvent apparaître comme le diabète et d’autres pathologies. Il courant de voir des comorbidités chez des adolescents qui avant ne se rencontraient que chez l’adulte. En cela, les problématiques sont les mêmes. Le retentissement de l’obésité comme l’exclusion est mal vécu chez les deux sujets. Ces maladies sont identiques chez l’enfant et chez les adultes.
D’où peut venir un problème de surpoids ?

La cause principale est une consommation d’aliment au delà du rassasiement ou de manger quand la faim est absente. Bien sûr, si le type d’aliments que l’on consomme de manière fréquente est gras voire sucré/gras, cela ajoute du problème au problème.

Dans quelques autres cas, la mise en pratique de régime seul peut conduire à une obésité. Pour finir, certains contextes psychologiques peuvent conduire à une prise de poids. 
Avec un enfant, parle-t-on de régime ou de rééquilibrage alimentaire ?

Ni l’un ni l’autre car dans la majeure des situations, on apprend aux parents à être attentif aux sensations de faim et de rassasiement de l’enfant. Souvent, les parents sont angoissés par la prise de poids et tendent à réduire l’alimentation de l’enfant, ce qui a pour conséquence d’aggraver la sensation de faim de l’enfant qui pourra de temps en temps manger en cachette pour calmer sa faim. 

L’éducation des sensations va concerner toute la famille puis un travail sur les aliments sera nécessaire. 

Quel est le régime alimentaire à adopter lorsque l’on souffre de surpoids ?

idem

Quels sont les aliments à éviter pour ne pas prendre trop de poids ?

Aucun aliments ne peut être étiquetés comme étant à l’origine d’une prise de poids. C’est principalement de manger au-delà de sa faim tout comme de manger quand on a pas faim qui pose problème. Les consultations de nutrition permettent de mieux comprendre comment le corps interagit avec les aliments. Car la nutrition ne doit pas être normative, au sens de dire ce qu’il faut faire, elle est plutôt explicative. 
Est-il préférable que toute la famille suive le même régime alimentaire afin d’encourager l’enfant ? 

L’éducation sur la sensation de faim tout comme le rassasiement vont concerner tout le monde. Il est important de comprendre que le partage de repas ne doit pas négliger les sensations de faim de chaque membre de la famille. En quelque part tout le monde va suivre ce régime d’être attentif aux sensations. Bien sûr, nous parlerons d’équilibre alimentaire pour mieux structurer le repas et éviter la fréquence trop importante d’aliments trop gras qui pourraient conduire à un excès de matières grasses. 
Comment stabiliser son poids une fois la perte souhaitée effectuée ?

Il n’y a pas de stabilité de poids, car le poids est le problème. Il vient faire confondre le poids avec le corps. Alors on pense qu’en mangeant peu ou moins on va contrôler le poids, c’est une erreur fondamentale. En effet, dans ce raisonnement, au poids désiré on mange pour ne pas « re-grossir » ce qui est équivalent à « manger pour maigrir ». Manger, donc l’alimentation a un lien avec le corps et non le poids, car c’est sur notre faim que l’on peut s’adapter. S’adapter sur le poids est un comportement alimentaire problématique qui peut dans certains cas dérivés sur les troubles alimentaires. 
Quels conseils donner à une famille dont l’enfant souffre de surpoids ?

Il est important de ne pas parler du poids, de critiquer, de le peser, de le mesurer… de le mettre en garde de ne pas trop manger pendant un repas de fête, de lui limiter les portions par rapport aux autres ou interdire des aliments. 

Le plus aidant est de l’accompagner, de le soutenir et de l’aider sans se positionner comme un expert en nutrition. D’être attentif à sa faim et d’éduquer sa gourmandise. Faire du sport avec lui sera un complément très efficace.

By-pass, Sleeve, les chirurgies de l’obésité, « ce n’est pas une technique de perte de poids » !

Dans le cadre d’une prochaine émission @TUHofficiel sur la chirurgie bariatrique, voici mon avis :

« Il est nécessaire de rappeler les conditions de ses opérations, elles sont réalisées dans des situations très spécifiques, non pas pour perdre de poids mais parce que la perte de poids n’est plus possible par une approche classique. L’état de santé est tel, qu’il y a urgence de modifier le statut du patient et cela est réalisé aujourd’hui par une opération bariatrique.
Alors il n’y a pas d’attente sur le poids à perdre mais une amélioration de la santé, principalement sur les comorbidités (HTA, diabète,…).
Les opérations entraînent toutes une modification profonde de l’alimentation aussi bien dans la texture des plats que dans le fractionnement des repas. En effet, après l’opération, les 3 repas ne peuvent plus être assurés obligeant ainsi le patient opéré de fractionner ses prises alimentaires, jusqu’à 5 à 8 prises selon le cas.
Dans les premiers jours l’alimentation sera en texture modifiée, soit mixée ou moulinée puis rapidement, il sera demandé de retrouver une texture normale.
Dans l’immédiat, les comorbidités sont diminuées, permettant ainsi de mettre le sujet en sécurité vis-à-vis de l’état de santé d’urgence. La diminution de la prise alimentaire conduit à un état de dénutrition et non pas une perte de poids.
Dans 25% des cas, après 2 ans, les patients atteignent un poids stable et dans certains cas reprennent du poids, mettant à nouveau leur santé en danger.
En conclusion
L’opération est une action d’urgence face à une situation « d’urgence de santé ». Elle ne peut donc être considérée comme une technique préventive de la santé et donc doit être exclue de l’idée d’un contrôle du poids. Elle n’est pas  une solution efficace concernant la perte de poids puisque 25% des patients sont en échec à 2 ans.
Elle doit être encadrée par une équipe de soins spécialisés pratiquant la médecine avec éthique et professionnalisme et demande une démarche active de changement du patient.« 

Vouloir être à l’aise avec son alimentation nouvelle tendance des soins…mais…

     La demande de consultation tend aujourd’hui vers un désir de trouver un « rapport alimentaire pacifié ». C’est une demande constante qui s’inscrit dans une histoire de la personne.

     Je m’interroge ce matin concernant cette demande car elle vient relever des problèmes. Si l’on cherche la paix, c’est bien sûr que la personne est dans « une relation de guerre«  avec un belligérant. D’un côté la personne et de l’autre côté du ring qui retrouve-ton? Le poids, la nourriture, le corps ou les 3 fois ?

     Et je crois que le problème se situe, je ne sais pas qui est vraiment l’adversaire. Le patient se définit se définit dans une guerre mais n’est-il pas le seul engagé dans cette guerre ?

     Le poids, le corps, la nourriture pouvons-nous dire qu’ils sont dans une démarche belligérante contre la personne. Il me semble pas avoir vu des aliments prendre une sorte de décision, comme s’ils étaient personnifiés (comme le poids ou le corps), pour nous faire grossir, être en mauvaise santé ou prendre du poids. L’épi-génétique, la génétique prédispose de notre état du corps qui donne à la santé une tonalité particulière et certes injuste. Idem pour le poids.

     En regardant en profondeur les détails des histoires « du poids » des patients, il est fréquent d’entendre que ce tri-typque (poids/corps/aliments) sont devenus confus après la période suivante : « avant je faisais ce que je voulais et je n’avais pas de problème, alors qu’aujourd’hui regarder un aliment me fait grossir ». Ici, nous pouvons comprendre que jamais les aliments, le poids, le corps sont entrer dans une guerre contre nous-même. Dans cette phrase classique, comprenons bien que c’est la volonté, le désir « de faire ce que je veux » qui est à l’origine de ce conflit unilatéral.

     Dans cette idée de « faire ce que je veux », dans cette idée faible de la liberté se résumant à la réalisation de ses propres désirs, l’écoute des sensations du corps, du choix aliments, du poids (ou de l’image du corps) sont rejetés. C’est depuis ce temps que le « corps » n’est pas respecter et la mise en oeuvre des régimes n’est que la prolongation de cette « non écoute ».

   Alors si une guerre est à mener elle n’est pas dirigée vers le poids, la nourriture, le corps, l’image du corps ou encore les émotions mais finalement une guerre envers soi-même dans la compréhension de ses désirs, ce qui est une des bases de la philosophie, d’une éthique de vie. Pour compléter ce travail, il sera nécessaire de comprendre le fonctionnement du corps car je vous l’apprends si des études sont nécessaires pour devenir diététicien ce travail ne peut-être réduit à une expérience personnelle.

    Pour vous aider, voici les professionnels qui peuvent vous aider dans un domaine spécifique sachant que tous sont nécessaires

  • comprendre le corps et son fonctionnement : le professionnel de santé en physiologie.
  • comprendre la nutrition : le diététicien ou le nutritionniste formé.
  • accepter l’image du corps : le psychiatre ou le psychologue.
  • la tempérance des désirs : la lecture des grands philosophes.
affiche 2 à jour

Congrès 2016 le 5 février à Nîmes journée professionnelle à 9h00, soirée public 18h00

A ce jour il reste moins de 30 places !!!!

Pour s’inscrire téléchargez le  Programme définitif

Le congrès s’inscrit dans le cadre d’une semaine internationale pour parler des troubles alimentaires avec les associations @IEDAction@ANEB_Quebec@WorldEDday et @AFDASTCA

Voici le pré-programme de la journée professionnelle (inscription à actnimes@gmail.com) 150 places seulement disponibles.

La journée professionnelle 

9h Accueil en haut du carré au Ciel de Nîmes (restaurant au dernier étage)
9h45-12h
La matinée sera consacrée sur les réseaux sociaux et leurs utilisations par les personnes souffrants de TCA. Mme P. Tubaro @ptubaro de l’équipe Anamia @anamia nous présentera leurs résultats.
Nous discuterons de l’obésité sous 2 angles différents. La première conférence concerne les nouveautés dans l’interaction entre microbiote & l’obésité, présentée par le Pr P. Dechelotte puis Mme V. Nahoum-Grappe nous donnera son point de vue comme anthropologue sur la corps obèse dans la société. 

À partir de 14h, reprise des travaux :
#changement du 21-01-2016  Le Pr Gorwood Président de l’association http://www.anorexieboulimie-afdas.fr nous parlera de l’importance des neurosciences dans les troubles alimentaires. 

Le Dr Nathalie Godart @Nathalie_Godart nous présentera ses derniers travaux concernant les troubles alimentaires.

Le deuxième temps sera réservé à la prévention, Mme Mélanie Guénette @m_guenette l’association ANEB Québec viendra nous présenter l’approche de la prévention dans les TCA au Québec.

Le dernier moment sera un temps pratique (attention au Lycée Daudet). Plusieurs professionnels vont vous présenter une approche ou technique de soins pour l’obésité ou les troubles alimentaires. La thérapie ACT, l’entretien motivationnel, les traitements dans les troubles alimentaires et la remediation cognitive. Les intervenants sont Dr A. Chablis & M. Florian Saffer Dtp pour l’A.C.T., le Dr D. Costa présentera l’E.M., le Pr S. Guillaume pour les traitements et le Dr Millaud Fanélie et Melle Lucille Matos pour la RCT.

Congrès 2016 Nîmes le 5 février à partir de 18h00
Pour le public et les associations

  • 3 conférences autour de l’anthropologie du corps par Mme Nahoum-Grappe, 
  • la prévention chez nos amis canadiens avec Mme Mélanie Guénette de ANEB Québec et 
  • l’interaction microbiote/nutrition par le Pr Dechelotte.

Conférences au Lycée Daudet de Nîmes à partir de 18h. Entrée gratuite. 

Exposition de l’artiste Alice De Miramon @MIRMIR500 auteure de l’affiche.

Les intervenants du congrès

  • Présentation de Mme Paola Tubaro @ptubaro intervenante au congrès qui nous parlera des troubles alimentaires et de la problématique des réseaux sociaux. Elle collabore au groupe Ana-mia avec Antonio Casilli. Trouver sa fiche sur le lien suivant https://paolatubaro.wordpress.com/about/
    #journéeprofessionnelle #congrès2016 #nimes #anorexieboulimie
  • Aujourd’hui nous présentons Mme Véronique Nahoum-Grappe qui interviendra lors de la journée professionnelle mais aussi le soir lors du débat public. Elle nous propose : « La Grâce ou la Graisse: comment les normes sociales pèsent sur l’image de soi? Le point de vue de l’anthropologie. »
  • Présentation du Dr Nathalie Godart @Nathalie_Godart qui viendra nous parler des dernières recherches et résultats concernant la compréhension des troubles alimentaires. Pour en savoir plus sur elle : http://www.franceinter.fr/personne-nathalie-godart
    Elle est personnalité importante de l’association AFDAS-TCA http://www.anorexieboulimie-afdas.fr et oeuvre depuis de nombreuses années à l’amélioration de la qualité des soins. J’étais à ses côtés pour les recommandations HAS concernant l’anorexie mentale http://www.has-sante.fr/…/…/anorexie-mentale-prise-en-charge
  • Même si nous avons des avis différents par la différence de nos obédiences, nos avis sont toujours complémentaires et permettent de mieux comprendre et aider les personnes en difficultés avec le poids ou l’image du corps ou l’alimentation.
    Content qu’il puisse à nouveau être présent pour ce 5ème congrés, aujourd’hui nous présentons Florian Saffer Dtp​ @Psycho_diet Il présentera un atelier avec le Dr Anne Chablis sur la thérapie ACT et les troubles alimentaires.
    http://www.floriansaffer.com
  • Présentation du jour : Melle Mélanie Guénette-robert, responsable du volet éducation et prévention chez ANEB QuébecMélanie Guénette-robert est dîplômée en sexologie (Maîtrise recherche-intervention). Elle est responsable du volet éducation et prévention chez Anorexie et Boulimie Québec (ANEB) depuis 2010. Elle se spéciale dans la sensibilisation et l’éducation liée aux troubles alimentaires ainsi que l’éducation sexologique. Elle coordonne notamment les activités liées à la Semaine nationale de sensibilisation aux troubles alimentaires au Québec.

    Descriptif Anorexie et boulimie Québec (ANEB) :

    Anorexie et boulimie Québec est un organisme à but non lucratif desservant la région du Québec, depuis près de 30 ans. Sa mission est de garantir une aide immédiate, spécialisée et gratuite aux personnes atteintes d’un trouble du comportement alimentaire et à leurs proches.
    ANEB offre du soutien à ces personnes, par le biais de sa ligne d’écoute, ses groupes de soutien ou encore grâce à de l’aide en ligne. L’organisme est également très actif en ce qui concerne la prévention ainsi que la sensibilisation du public à la maladie et ses enjeux.

     

  • Pour en savoir plus sur le Pr Gorwood Philip https://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/existe_t_il_une_genetique_des_comportements_philip_gorwood.3835 et http://www.anorexieboulimie-afdas.fr/la-recherche/veille-scientifique-tca/282-le-manque-de-motivation-au-changement-dans-l-anorexie-mentale-doit-d-abord-etre-considere-un-symptome-traitable

Est-ce grave de manger quand on n’a pas faim ?

Ce matin, lors de l’intervention auprès des élèves de première et deuxième année diététique du lycée Jean Jaurés à St Clément de Rivière, une réflexion pertinente venue de Laetitia prof de biochimie : « je comprends qu’il nous est nécessaire de manger quand nous avons faim. Mais quand nous ne pouvons pas et que nous mangeons quand même, y-a-t-il un danger ? ».

Rappelons le pouvoir du nourrisson comparé à celui de l’adulte.  Le nourrisson peut refuser la prise alimentaire en s’opposant, refusant le biberon sans même utiliser  la « parole ». Nous, adultes, après une longue éducation alimentaire familiale et sociale, il nous est difficile de refuser de manger alors même que nous n’éprouvons pas la faim.

Les nouvelles approches nutritionnelles et diététiques nous proposent de mieux respecter cette sensation de « non faim » (ce qui pose la question de savoir ce qui est à respecter le corps ou la sensation…) et nous invitent d’éviter de manger dans ce type de situation, supprimant ainsi la culpabilité de « pas bien faire ».

Mais y-a-t-il un risque en terme de santé de manger quand nous n’avons pas faim?

Plutôt de savoir si nous pouvons attendre une incidence négative sur la santé, je dirais plutôt que de manger sans faim ne nous permet pas de nous ajuster aux sensations du corps.

En effet, manger quand nous ressentons la faim nous permet de mieux apprécier le moment de rassasiement. Il provient directement d’une sensation dans le corps. Manger sans faim ne permet plus cet ajustement. Nous mangeons par habitude, ce qu’il y a dans notre assiette, ce qui nous fait plaisir mais finalement sans connexion avec le corps et donc toujours au-delà d’un rassasiement ressenti dans le corps.

Manger sans la sensation de faim nous fera toujours consommer une quantité de nourriture qui ne pourra être ajustée aux sensations du corps. Il sera important de porter une attention particulière dans la distinction de manger avec les sensations de faim et en fonction des besoins, qui sont deux notions souvent confondues mais qui peut-être ne se recoupent pas.  Voilà, à mon sens, ce qui pose réellement problème.