la restriction cognitive avait-elle un sens dans les troubles alimentaires et les pratiques de régime? 

La restriction cognitive se définit par : « le fait de vouloir réduire ses prises alimentaires dans le but de contrôler son poids, comme son image du corps. » Cette définition quasi littérale de Polivy et Hermann, traduit l’idée principale, centrale de la démarche de perte de poids.

La logique intellectuelle, scientifique est simple : « si j’agis sur les causes, je fais varier les effets. » En cela, ce n’est pas une restriction de pensée mais plutôt une logique intellectuelle immédiate. Clairement, nous pouvons déceler la jeunesse de notre science (jeune de 300 ans) qui a eu tendance à mathématiser les phénomènes physiques se produisant dans la Nature pour mieux les comprendre. Le corps subit le schéma simplificateur de la mathématique, le réduisant à l’expression : « corps = poids.» La simplification conduit à cette proposition : « si je fais varier les entrées alimentaires, alors je peux espérer perdre du poids. » Donc, pas de restriction cognitive mais une logique intelligente basée sur la simplification du fonctionnement du corps humain. La réponse psychologique ne permet pas de changer de référentiel mais elle permet de diminuer la souffrance.

Mais dans le schéma de simplification (corps = poids), la biologie comme le paramètre de temps sont rangés aux oubliettes. La description des comportements se fait par les crises, les problèmes mais toujours racontées sans lien avec les heures de la journée. Un corps hors du temps n’est plus de l’ordre du vivant, de l’évolution, de sa transformation permanente. Nous ne pouvons donc pas approcher le corps humain sans prendre en considération le temps. Si vous avez soif depuis une heure, votre corps subit l’accroissement de la déshydratation depuis une heure même si on se dit « déshydraté ». Il en est même de la sensation de faim. Notre corps a une durée de vie limitée sans énergie, puisque dans le cas du jeûne, le décès du sujet apparaît au bout d’une quarantaine de jours. Ce qui tord l’idée reçue concernant nos anciens comportements alimentaires qui auraient une influence sur notre quotidien. Nous avons donc plutôt une influence immédiate de nos prises alimentaires; soit celles de la journée. Chaque nouvelle prise alimentaire transforme biologiquement le corps, qui lui même évolue au grès du temps. Chaque nouvelle prise alimentaire donne une durée de fonctionnement du corps limitée. 

Nous sommes obligés de revenir au référentiel : corps humain + durée. Le référentiel poids doit être abandonné car il ne permet pas de comprendre le fonctionnement du corps humain. Quittons ce faux référentiel, simpliste, qui ne propose pas de soins pour le corps mais une certaine dégradation de la santé couplée à une souffrance psychologique. Mais cette souffrance est due à une interprétation du fonctionnement du corps et non à une résistance de l’organisme pas la psychologie mais un problème de référentiel, c’est aux diététiciens de procéder aux soins. 

Le problème est le référentiel et non la logique, la restriction cognitive est un concept qui a su éteindre les comportements moralisateurs mais n’a jamais aidé à changer de référentiel maintenant le sujet dans une fausse croyance de sérénité…

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