réflexion sur les problèmes de diététique, sante

Un aliment est ni bon ni mauvais, il est les deux à la fois

Comment reconnaître un bon professionnel à un mauvais professionnel : simplement à son discours. Le mauvais professionnel, et autres conseilleurs, viendra argumenter qu’un aliment est bon ou mauvais pour la santé !

Faire de la médecine, soigner et si on le peut aider à guérir les personnes (rappelons que médecine a pour racine « média » c’est-à-dire : aider au passage d’un état de santé particulier à un meilleur état de santé) c’est tout d’abord comprendre et s’occuper du corps. Non pas comme dans l’antiquité en s’occupant de l’âme mais en plus, tout en connaissant le fonctionnement de l’organisme.

Dans nos études médicales et paramédicales, nous apprenons la drôle  mécanique du corps qui a pour habitude de vouloir toujours tendre vers un équilibre, ce que l’on appelle l’homéostasie. L’organisme par des capteurs à la capacité de s’auto-réguler pour obtenir une certaine constance, un équilibre. Nombreux sont les exemples et je ne citerai que l’exemple du pH sanguin. Mais toutes les constances ne peuvent être régulées par des besoins du corps, il est pour certaines régulations des besoins extérieurs, ces derniers sont une source extérieure et dits « exogène ». Par exemple, le corps peut synthétiser la quasi totalité des briques (les acides-aminés) pour faire une protéine. Malheureusement, toutes les briques ne peuvent être fabriquées par le corps, nous sommes donc obligés de trouver dans les produits alimentaires une source convenable de briques. Nous sommes donc toujours dépendants de notre alimentation.

Prenons un autre exemple sur la consommation de viande rouge et le risque de cancer. Vous pouvez trouver dans l’article de l’Organisation Mondiale de la Santé (ArticleOMS) le risque potentiel d’un aliment d’être mauvais et le potentiel d’un aliment à ne pas avoir d’incidence. En effet, en dessous d’une certaine consommation, soit de grammes/j, aucune influence négative n’est observée sur le risque d’apparition de cancer colorectal. Au-delà d’une certaine dose, on peut observer une augmentation de 17% du risque. Car c’est bien de la dose que l’on doit discuter. Cette dose contribue à l’augmentation du risque de cancer, ce qui signifie qu’en dessous il n’a pas d’incidence. Par contre, limiter sa consommation peut avoir une incidence sur l’état de fatigue, puisqu’il est la source principale en fer.

Nous pouvons comprendre donc l’effet remède comme poison que peut contenir un aliment. Classer un aliment bon ou mauvais en le rangeant dans une catégorie c’est ne pas comprendre le corps humain dans sa complexité, nier le concept même de posologie et je crois que l’alimentation aujourd’hui doit être comprise dans ce sens, en terme de posologie en fonction de la singularité de la personne. Les grands discours classant les aliments bon ou mauvais doivent se taire pour laisser place aujourd’hui à une pratique de santé éthique visant la santé.

Pour conclure un aliment est ni bon ni mauvais, il est un pharmakon (remède et poison), tout dépend de sa posologie, donc de la manière dont le professionnel pratique la nutrition et la conseille.

 

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La médecine à deux vitesses ou la médecine comme je la désire? Problématique de la médecine de service

Depuis longtemps il y a une critique de fond sur la possibilité et l’accessibilité aux soins dans notre pays. Souvent vue sous l’angle de l’impossibilité d’accès aux soins, certes une réalité relevant des pouvoirs politiques et de santé. Aujourd’hui, j’aimerai interroger cette problématique sous un autre angle. La médecine à deux vitesses est plus problématique quand celle-ci répond aux désirs de santé/soins décidé par le patient plus qu’à un soin de médecine avec éthique.

Pour preuve, le commerce qui se crée en ligne par des sociétés de santé vous vendant des régimes, des rééquilibrages alimentaires et autres idées farfelues à des sommes assez incroyables dont la plupart des entrepreneurs sont des commerciaux et non des médicaux. L’éthique est d’emblée balayée ! Encore ce matin j’ai été contacté par une société qui vend des protocoles de régimes via « l’équilibre alimentaire » à l’international. Il y a bien là une recherche de caution médicale et scientifique mais évoquons le concept de conflit d’intérêt dans cette situation et la réponse vous apparaît de manière immédiate.

Une autre preuve dans la chirurgie bariatrique. L’équipe de soins qui accompagne un patient dans sa demande se voit parfois plus précautionneuse que le patient lui-même et pour la santé et sécurité du patient un place une contre-indication temporaire. Comme bien de fois j’ai entendu « plus que 4 kg à prendre, au point où j’en suis et je me fais opérer ». Le concept de santé devient l’opération que « je désire » plus que le « bon » soin à pratiquer. Le pire est après un refus d’une chirurgie la possibilité de se faire opérer dans d’autres pays est possible, cela commence à devenir fréquent en consultation puisque le problème n’est absolument pas régler.

La France est souvent critiquée sur son retard concernant les prises de décision médicale mais il a rappeler que nous sommes un des pays dont les questions éthiques sont centrales et discutées en permanence. Certains pays s’affranchissent de ces longues discussions dont la plupart du temps personne ne voit l’intérêt dans son propre désir de santé.

Cela continue avec l’apparition des applications connectées où là encore, la responsabilité médicale n’est pas engagée puisque le patient devient autonome dans la gestion de sa maladie. Etrangeté de la situation car l’autonomie serait la possibilité de lire de manière critique l’information reçue par l’application. Obéir sans critique devient une situation hétéronomique où la machine commande l’action à choisir. A l’heure où l’on critique la pratique de certains professionnels de santé payé par une frange de l’industrie pharmaceutique, des personnes sont capables d’acheter des applications connectées sans se poser ces questions. Nous sommes face à un paradoxe total. Je trouve qu’il y a un crédit trop grand apporté à tout ce qui vient d’internet.

Je dresse un triste constat mais je tiens dès aujourd’hui à affirmer ces problématiques qui seront un jour des scandales sanitaires. Nous l’observons déjà dans les chirurgies bariatriques. Je suis inquiet de la médecine de service en création qui sert bien plus les intérêts financiers que le soin ou la santé. Le soin doit être au coeur des discussions et l’éthique la réflexion permanente dans ce soin.

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Anorexie, une recherche de la perte de poids par plaisir…

Les récentes recherches scientifiques nous emmène à concevoir le problème de l’anorexie mentale de manière nouvelle. Le Pr Gorwood nous propose d’explorer le concept du « plaisir à maigrir » plutôt que la « peur de grossir » dans la problématique de l’anorexie mentale.


Mes réflexions philosophiques – en éthique médicale et hospitalière – m’avaient déjà fait poser le débat sur le poids de manière différente.

Premièrement le fait de confondre le poids avec le corps lui-même est la principale erreur dans le domaine de la diététique. Cette confusion immédiate produit des logiques de pensées inadaptées comme celle de réduire les prises alimentaires pour perdre du poids, tout comme d’imaginer la perte de masse entre deux pesées quotidiennes. Les biais méthodologiques sont si nombreux qu’il est convient simplement de dire que cette logique immédiate, dans la relation poids/alimentation, est obligatoirement fausse.

Deuxièmement le poids va conditionner un mobile de notre acte alimentaire, c’est-à-dire une fin ou un objectif comme dirait les modernes. Cette fin en soi se décline de 3 manières différentes, recouverte par la même idée du poids :

  • ne pas vouloir prendre ou perdre du poids,
  • vouloir perdre du poids,
  • vouloir prendre du poids.

On peut donc observer le poids comme dénominateur commun aux différents types d’actions régissant nos prises alimentaires. C’est ici, que nous pourrions faire un rapprochement avec ce plaisir à la perte de poids. Les attitudes en lien avec le poids conduisent nos prises alimentaires à toujours les diminuer pour observer de la perte ou de la non prise de poids dans les deux premiers cas. Dans le dernier cas, la subtilité est plus difficile à mettre en avant et pour le moment je ne peux conclure seulement à ce faux lien maintenu entre le poids et l’alimentation.


En ouverture de réflexion : tant qu’un lien poids et l’alimentation est existant, le comportement alimentaire restera problématique.

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