« Les programmes de soins des TCA par télémédecine et internet ».

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Dans le cadre des soirées organisées par le tcareseaulr, une intervention de Tony Lam est proposé au grand public ce mercredi 11 juin à partir de 20h à l’hôpital Lapeyronie sur «Les programmes de soins des TCA par télémédecine et internet»

Tony Lam travaille à Lausanne, il a développé les premiers outils de soins par internet de patients souffrant de troubles alimentaires. 

Inscription gratuite par mail : mf-soler@chu-montpellier.fr

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Extrait de mémoire M2 éthique médicale et hospitalière “l’acte alimentaire en quoi peut il être un acte vertueux?” – Nicolas Sahuc 25 mai 2014

” Il me semble que notre part de nature peut produire un acte juste, au sens de la nécessité; manger quand j’ai faim et m’arrêter de manger quand je ressens le rassasiement. Dès lors, les besoins seront couverts par cette prise alimentaire énergétique. Mais nous devons questionner aussi du contexte de cette prise alimentaire.

Ce retour à la nature, au sens de l’instinct, est-il encore possible alors que l’homme n’est plus dans une nature, il n’est plus un « animal dans la nature » mais un « animal dans la cité. » La nature est plus souvent dans une économie de marché, le positionnant dans une dépendance à cette économie. La part de notre rationalité est une condition nécessaire pour des choix alimentaires et donc indissociable de l’acte alimentaire car ce dernier, l’homme placée dans cette nature pourrait être bernée car pauvre en instinct. Rappelons-nous du film Into the wild lorsque l’homme est piégé par une confusion entre deux plantes, qui consommée lui sera fatale. Son système naturel ne lui a pas permis de faire cette distinction. Ce tragique démontre, ainsi que de nombreux écrits philosophiques, sur la supériorité des animaux dans leurs instincts à pouvoir refuser un aliment qu’ils ne sentent pas.”

 

A poursuivre…

“l’animal dans la cité”

Pour la prochaine émission France 2 “Toute une histoire” avec Sophie Davant – comprendre les problèmes de l’obésité

Perte de poids, ils font le grand ménage dans leur vie

 

Spécialiste : N.Sahuc,diététicien

 

  1. Quels principaux risques comportent une perte de poids rapide ?

Selon le niveau énergétique consommé, un déficit peut entrainer des sensations de faim  majorées et des risques de compulsions alimentaires. La fatigue, induite,  entraine des perturbations de l’humeur qui aura pour conséquence une grande sensibilité. Les prises alimentaires quotidiennes et maintenues en dessous de 1600kCal créent des carences en minéraux et vitamines. Pertes de cheveux, la peau sèche, ongles  cassants, par exemple, ainsi que d’autres fonctionnement du corps vont être altérées, si la restriction se prolonge dans le temps.

 

  1. Comment équilibrer son alimentation quand on travaille de nuit ou avec des horaires décalés ?

D’abord, ne pas vivre le décalage horaire comme une contrainte. Le corps va continuer à vous faire percevoir des sensations de faim. Elles seront inhabituelles car elles apparaîtront dans des heures non communes. La première des choses est de faire confiance à ses sensations de faim et de le respecter. Puis de déterminer quel est le moment où vous avez le plus faim et donc faire que ce moment soit adapté en énergie. Dans ces prises alimentaires adaptées aux nouvelles sensations de faim, l’équilibre alimentaire sera la structure des repas et l’écoute des sensations de faim/rassasiement sera à viser.

 

  1. Est-il plus encourageant de faire un régime avec son conjoint/sa conjointe ?

Pour certains l’aide peut être une source de réussite. Mais nous sommes tellement différents ! La meilleure aide possible que l’on peut apporter : est d’accepter que l’Autre ne fonctionne pas de notre façon. Si l’on veut aider l’Autre respectont son autonomie et laissons lui se fixer ses propres règles.

  1. Utiliser des compléments alimentaires est il conseillé lors d’un régime ?

Les bilans sanguins réguliers prescrits par le MG pourra vérifier les carences. En parallèle, si l’état de fatigue et les autres symptômes décrits à la question 1 apparaissent : ralentissez la perte de poids et si les symptômes se poursuivent consulter votre MG qui pourra prescrire des compléments.

 

  1. Etre en léger surpoids est-il nécessairement dangereux pour la santé ?

Selon l’OMS dès que nous franchissons la marque du surpoids (soit >25kg/m2 calcul de l’IMC) alors apparaît un risque pour la santé. A noter, que des variations de poids répétées, dans la zone d’IMC « poids normal, » peuvent contribuer à des problématiques de santé par le phénomène perte/reprise. Si les pertes de poids et contrôle sont l’écho d’un désir de contrôle de poids, les conséquences se remarquent sur le plan moral et sur le plan physique.

 

  1. Quels comportements favorisent le plus la prise de poids ?

En dehors d’un contexte psychologique, et sur un plan technique, des apports supérieurs aux besoins entrainent une prise de poids. Dans la réalité, le deux phénomènes ne sont pas aussi bien cadastrés. Ils sont souvent liés. Pour cela, dès le plus jeune âge un apprentissage de l’écoute des sensations de faim de son enfant en respectant sa liberté permet de le faire grandir dans de bonnes conditions. Lorsque l’on impose nos règles alimentaires sur un Autre alors nous lui faisons perdre une autonomie qui peut générer des difficultés sur le plan alimentaire et donc pondérale.

Pour compléter, baser sa morale alimentaire sur un désir de poids est une condition suffisante pour se rencontrer des problématiques de poids et des troubles alimentaires.

Le contexte ajoute du déséquilibre à ce déséquilibre.

 

  1. Comment ne pas reprendre de poids après une perte conséquente ?

Tout va dépendre de votre morale alimentaire et de votre désir. Si le désir de contrôle du poids est présent, quelque soit la situation pondérale dans laquelle on soit (IMC normal ou autre), alors sera toujours en problème, esclave cet objectif. Donc dans une difficulté alimentaire et une angoisse de reprendre du poids sera toujours présente.

Pour cela, comprendre que notre morale alimentaire ne se situe pas sur le poids, mais notre écoute du quotidien de nos sensations de faim et une régulation de la notion de plaisir.

  1. Peut-on perdre du poids en faisant du sport sans modifier son alimentation ?

Alors on ne fait plus du sport. Le sport a une fonction simple de nous procurer  du plaisir. Lié à la régulation du poids, le sport devient un élément de justification des prises alimentaires. Donc je ne mange non plus en fonction de mes sensations mais en fonction du sport que je pratique. Cela conduit à des troubles alimentaires. Le sport s’inscrit dans une bonne santé, non dans le contrôle du poids.

 

  1. Les hommes et les femmes sont ils égaux face à la perte de poids ?

Oui, fixé comme objectif l’un comme l’autre se confronterons à des difficultés à terme.  Si l’un comme l’autre apprennent à écouter leurs sensations de faim et de rassasiement, sans se comparer aux Autres, alors ils se détacheront des problématiques et seront donc égaux.

  1. Combien de calories par jour doit consommer une femme ? Et un homme ?

 Sur le plan technique, nous prenons en considération le poids, la taille, l’âge et l’activité sportive pour faire ce calcul.

Pour une femme en moyenne, la limite basse sans sport est de l’ordre de 1900kCal/j pour des « petits gabarits, » jusqu’à 2400kCal/j. Chez les hommes la base est de 2500kCal/J jusqu’à plus de 3000kCal/j.

Si > 3h de sport par jour majoré de plus 150kCal/j.

Et de base si travail de force les fourchettes énergétiques sont revues à la hausse. A rappeler que 25% de cette énergie est le minimum pour le petit-déjeuner (pris quand la faim est ressentie).

 

Conseils généraux :

La morale alimentaire doit être basée sur l’écoute du corps, détachée d’un contrôle de poids et dans une compréhension des plaisirs alimentaires.

La nécessité énergétique est une condition stabilisante mais non suffisantes aux impulsions alimentaires. Si possible approchons nous de nos besoins énergétiques.

Comprendre que le corps humain est différent dans les sensations qui nous renvoient au quotidien, donc apprenons à l’écouter.

Que le poids idéal est un erzat de bonheur.    

Croire à l’idée de régime “yo-yo”

Depuis de nombreuses années, le mécanisme du “yo-yo” est une métaphore employée pour décrire les mouvements du poids. Vision intéressante qui propose de distingue deux phases en fonction de la présence ou non d’excédent de poids. 

Observons plutôt ce mouvement sur un autre axe, celui du volume alimentaire consommé. Par corrélation, on pourrait imaginer aisément qu’un volume de prise alimentaire faible (soit une restriction) se trouve dans la phase descendante du poids et l’inverse dans la phase montante. 

Cette vision des conséquences, par un regard extérieur, donne l’idée que l’individu est dans une phase de contrôle puis passe dans une phase de perte de contrôle : “soit je contrôle mon poids et mon alimentation, soit je ne contrôle plus.”

La première objection est que ce type de comportement se trouve aussi bien chez les sujets ayant ou non un excédent de poids. Donc l’axe du poids ne peut-être un bon angle de vue. Donc, si le poids ne peut-être l’objet de contrôle, aujourd’hui l’image corporelle et les insatisfactions ont la “vie belle,” malheureusement. 

La deuxième objection est une vision extérieure à la situation. Si l’on donne le “primat à l’intériorité” les phases de contrôle/perte de contrôle ne sont qu’une seule et même phase: le contrôle du poids ou de l’image corporelle, du rapport au sain-saint-sein-diététique. 

De nombreuses valeurs sont à la base justifiant le comportement de contrôle mais comme disait La Rochefoucaud ” Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent. ” (M409) 

Il me semble que la peur de l’excédent de poids et la quête d’une image corporelle satisfaisante est à l’origine des mobiles. On ne peut qu’acquiescer ce désir. Notre rôle est d’aider à l’agir plus juste ou sens de la vertu. 

Pour cela, redéfinissons la notion de bonheur et deux auteurs me semblent  nous sont essentiels : #Aristote et #Kant. Le premier définit le bonheur par l’agir vertueux (la médiane entre deux vices) et le deuxième permet les corrections par le mobile de l’acte et une alimentation non basée sur l’expérience (pur et a priori) pour sortir de la problématique.

“Manger c’est penser (diet-)éthique et vivre sa diététique”