réflexion sur les problèmes de diététique

« De l’éthique dans la diététique pour sortir d’un acte alimentaire vicié. » Extrait de la soutenance du M2 d’éthique médicale

Le B.T.S. diététique, tout comme la formation à l’I.U.T., pose le problème de manière immédiate dans son titre : « technique ». L’apprentissage qui se déroule sur 2 ans est une longue route dans laquelle votre technique se concrétise : la connaissance des aliments, les calories, les pathologies… Puis vient le jour des stages tant attendus pour qu’enfin la technique soit mise en pratique. Là, c’est un effondrement sur la réalité des soins pour un bon nombre d’entre nous. On s’aperçoit que la technique n’est pas une condition suffisante quant à la réussite de l’objectif de soins dans la prise en charge de l’obésité par exemple. Car il y a une différence entre le cas clinique sur le papier et la personne qui possède une psychologie et une complexité. Tout au long de la formation les aspects des entretiens en face en face sont exclus.

Deux options se proposent à nous, en tant que soignants spécialisés en diététique, soit reprendre des études pour introduire de nouvelles connaissances sur l’entretien en face à face par exemple, soit poursuivre l’application de la technique qui malheureusement démontre son inefficacité dans 96% des situations d’après le rapport de l’ANSES. La technique s’obstine dans cette voie en se radicalisant, l’expression la plus probante sont les chirurgies bariatriques.

Pour ceux qui reprennent et se forment à l’entretien ou d’autres types de soins une aporie va naître : ni je ne peux continuer à appliquer une technique diététique une formation en entretien individuel, ni je peux faire que de l’entretien individuel, car les nouvelles formations ne sont pas reconnues au même titre que les formations initiales en « psychologie ».

L’échec des prises en charges dans l’obésité provient de cette double problématique, créant ainsi un acte alimentaire vicié :
– la poursuite d’un acte technique, déshumanisé, qui tend à se radicaliser (régimes hyperprot – coupe faim – bariatrie…),
– l’aporie vécue par les diététiciens qui ont complété leurs études par des formations en entretien.

Alors une voie me semble plus juste, en quelque part une voie du milieu, celle qui est représentée par l’éthique médicale. Cette voie nous permet de nous interroger sur notre pratique technique de la diététique et de ses limites. Le principe est de repositionner l’humain au centre du soin et d’appliquer une technique qui va s’adapter à la situation en questionnant les objectifs de soins.
Les concepts de liberté, dignité sont des fondations solides sur lequel le soin va pour s’organiser et permettre un accompagnement respectueux, sans être dans une « sur-psychologisation » du soin.

Mais la grande difficulté se rencontre dans le décalage qu’il existe entre l’éthique en diététique et les représentations du métier par les patients et les professionnels de santé. C’est une vision limitée à la technique qui confond les situations pathologiques et celles de confort.

Si les diététiciens amorcent une grande réflexion sur leurs pratiques, le travail aujourd’hui est de faire connaître ce mouvement auprès de tous les public.
La réflexion éthique permet une critique des techniques de régimes, reconnues comme non efficaces, et de rassurer les patients qui ont pratiqué de nombreux régimes, épuisés des régimes d’un soin qui n’est ni stigmatisant ni discriminant.

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Le manquement de la Nutrition:

La connaissance en matière de santé et de nutrition, est, bien sûr, exponentielle depuis les années 1950. Cette branche de la médecine qu’est la nutrition évolue au grès des découvertes techniques qui la font grossir de manière pléthorique ainsi que la connaissance, l’ensemble évoluant en épidémie .

 

En effet, n’importe quel magazine possède sa page « santé et alimentation, » la publicité télévisuelle, radiophonique et bien sûr internet,  qui ne compte je ne sais combien de site d’informations, sont touchés.

Tous les domaines du quotidien subissent l’impact de cette épidémie en réussissant à nous atteindre dans notre singularité/intimité.

Cette épidémie de connaissance, qui se veut positive au sens de la santé, génère une distorsion du réel. La faim physiologique, vécue, est absente dans la connaissance nutritionnelle. Le « quoi » et le « quand » sont les maîtres mots. Le  » quoi  » est la connaissance et le  » quand  » est symbolisé par l’heure. Un Chronos exclusif qui élimine toute possibilité de manger en dehors de cet espace temps.

La séparation entre réalité physiologique et décision de l’acte alimentaire s’accroisse par la connaissance en nutrition.

Pour autant, la connaissance est un des chemins qui permet le retour à la réalité (physiologique) et c’est en cela que la nutrition est un « manquement.  »
L’approche dite  » moderne  » ou  » éthique  »   invite à ce retour, liant réalité physiologique et choix alimentaires, en plaçant le corps, donc le sensible, au centre du processus.

 

En conclusion : Il serait temps que la nutrition se dégraisse des connaissances inutiles en se mettant au régime diététique.

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