sante

La saisonnalité ou la meilleure façon de ne pas être attentif à son corps

C’est l’heure du froid ! C’est parti pour les bons petits plats chauds, les raclettes, les plats en sauce! Fini les grosses salades bien fraîches qui refroidissent notre corps tout chaud. Place donc aux plats chauds qui réchauffent notre corps tout froid. En résumé, fini les légumes de l’été, de saison, « welcome » les légumes de la saison d’hiver, tout autant que cette cuisine particulière riche et grasse.

Voici le discours ambiant entendu à chaque conversation culinaire, de régimes et dans tous les magasines et blog bien pensant du « heathy, food addict » et de la bonne santé.

 

En y regardant de plus près, je n’ai jamais eu pour ma part envie de choux fleur ou de brocolis dans la saison de ces derniers mais consommer ces aliments-là car c’est la saison oui. Je peux vouloir consommer ces aliments-là hors de leurs saisons puisque je les apprécie au goût. L’erreur, le non-sens écologie, serait donc de consommer ses légumes en dehors de leurs saisons de culture. Grace à certaines  techniques de conservation des aliments, certains peuvent être consommés en dehors de la saison mais non frais. Cette erreur écologique ne doit pas être confondue avec le désir du corps car en effet l’envie de ces aliments ne dépend pas de la saisonnalité mais plutôt du corps/des envies. Ce qui veut dire que l’écoute des envies peut être totalement différente de la saison ou de la pratique culinaire de saison.

N’ai-je pas été surpris que l’on proposasse une tartiflette en plein été car mes convives désiraient ce plat d’hiver. « Mince ! Ca ne se fait pas! Ce n’est pas la saison! « . Que nenni ! Mes hôtes voulaient leur tartiflette me rétorquant qu’il fallait écouter son corps.

Keuwah ! Saisonnalité ne correspondrait donc pas à l’écoute du corps ! 

En effet, combien d’entre-nous avons eu envie d’une pizza ou d’un poulet basquaise un jour de chaleur étouffante ? Combien d’entre-nous ont eu envie d’une bonne salade en plein hiver? Sous le couvert des habitudes et des saisons des légumes, le corps n’a plus son mot à dire, il ne peut exprimer son besoin authentique. Voilà pourquoi la saisonnalité étouffe le corps dans ses besoins et montre une part de fausseté des choix alimentaires vers plats riches en plein hiver, tout comme les amandes, les noix… A chaque désir de plat gras, cela n’exprime pas réellement le besoin du corps mais cela vient justifier une envie, différent du besoin.

Pour résumer, consommer des légumes de saison est écologique et de bon sens. Justifier de consommer des légumes de saison n’est pas toujours l’expression réelle de notre corps mais plus l’expression d’un désir en vue d’autre chose tel que la régulation du poids, un désir de performance sportive, une modification de l’image du corps ou encore du plaisir,…

 

Publicités
Par défaut
Prevention

« un bout de pain comble votre faim tout autant que l’aliment que vous désirez »

Épicure proposait une distinction entre les désirs: « parmi les désirs nécessaires, les uns le sont pour le bonheur, pour le calme du corps, d’autres enfin simplement pour le fait de vivre » en vue de la vie heureuse. La recherche du calme dans le corps et dans l’âme permettait d’accéder au statut d’homme sage, le phronimos. Par une lecture attentive de ces écrits, Épicure nous invite donc à faire une séparer le plaisir et du choix alimentaire.

De nombreuses personnes se prétendent « Epicurienne » en se vantant de consommer des mets raffinés couplé  à un art du plaisir, ce qui en définitive exprime deux points. Le premier est la preuve qu’ils n’ont pas lu Épicure et encore moins pu comprendre la philosophie au combien fine de ce dernier. Le deuxième interroge sur le besoin de justifier sur leur acte alimentaire par cette notion Épicurienne. Ils confondent le plaisir qu’ils prennent lors de la consommation des aliments avec ce que propose la philosophie Épicurienne; le plaisir provient de la suppression de la souffrance que l’on la ressent.

A travers cette réflexion, il y a un détachement avec la symbolique du plaisir de l’aliment consommé; puisque l’eau comme le pain, des aliments on ne peut plus simples, peuvent égaler des aliments désirés. Nous sommes loin des aliments raffinés, au sens gustatif qui seraient recherchés pour leurs symboliques culturelles et identitaires; l’eau n’est pas décliné sous une autre type de boisson telle que le café, du sirop,…tout autant que le pain, n’est pas proposé de manière accommodée de chocolat, fromage…ils sont cités en tant qu’aliments « simples »,  sans mettre en oeuvre une technique culinaire avant consommation.

Revenons à la clinique en prenant la situation classique d’une sensation de faim en dehors d’une heure conventionnelle; le choix des aliments pourrait être vu avec la philosophie du plaisir chez Épicure. Les régimes, qui par leurs règles éloignent des plaisirs alimentaires, volent en éclat sous l’effet de la faim qui est contenue. Affranchi de la règle, le plaisir devient le maître. Les deux situations ne proposent pas une action vertueuse. Un choix d’aliment, moins somptueux, procure le même apaisement face la douleur occasionnée par la sensation de faim.

La campagne de prévention santé propose d’« éviter de manger gras-sucré » mettant en rejetant tout aliment plaisir, car ce plaisir est la source du problème du comportement alimentaire. En définitive elle ne fait que renforcer la confusion dans les discours sur le plaisir. Je propose une idée de discours qui valorisait la philosophie Épicurienne :  « un bout de pain comble votre faim tout autant que l’aliment que vous désirez ».

Par défaut
réflexion sur les problèmes de diététique

Croire à l’idée de régime « yo-yo »

Depuis de nombreuses années, le mécanisme du « yo-yo » est une métaphore employée pour décrire les mouvements du poids. Vision intéressante qui propose de distingue deux phases en fonction de la présence ou non d’excédent de poids. 

Observons plutôt ce mouvement sur un autre axe, celui du volume alimentaire consommé. Par corrélation, on pourrait imaginer aisément qu’un volume de prise alimentaire faible (soit une restriction) se trouve dans la phase descendante du poids et l’inverse dans la phase montante. 

Cette vision des conséquences, par un regard extérieur, donne l’idée que l’individu est dans une phase de contrôle puis passe dans une phase de perte de contrôle : « soit je contrôle mon poids et mon alimentation, soit je ne contrôle plus. »

La première objection est que ce type de comportement se trouve aussi bien chez les sujets ayant ou non un excédent de poids. Donc l’axe du poids ne peut-être un bon angle de vue. Donc, si le poids ne peut-être l’objet de contrôle, aujourd’hui l’image corporelle et les insatisfactions ont la « vie belle, » malheureusement. 

La deuxième objection est une vision extérieure à la situation. Si l’on donne le « primat à l’intériorité » les phases de contrôle/perte de contrôle ne sont qu’une seule et même phase: le contrôle du poids ou de l’image corporelle, du rapport au sain-saint-sein-diététique. 

De nombreuses valeurs sont à la base justifiant le comportement de contrôle mais comme disait La Rochefoucaud  » Nous aurions souvent honte de nos plus belles actions si le monde voyait tous les motifs qui les produisent.  » (M409) 

Il me semble que la peur de l’excédent de poids et la quête d’une image corporelle satisfaisante est à l’origine des mobiles. On ne peut qu’acquiescer ce désir. Notre rôle est d’aider à l’agir plus juste ou sens de la vertu. 

Pour cela, redéfinissons la notion de bonheur et deux auteurs me semblent  nous sont essentiels : #Aristote et #Kant. Le premier définit le bonheur par l’agir vertueux (la médiane entre deux vices) et le deuxième permet les corrections par le mobile de l’acte et une alimentation non basée sur l’expérience (pur et a priori) pour sortir de la problématique.

« Manger c’est penser (diet-)éthique et vivre sa diététique » 

 

Par défaut
Prevention

Programme minceur et publicite

Nous prennent-ils pour des benêts?
Je m’extasie devant la dernière pub minceur de spécial K qui nous propose une splendide fille, sans aucun problème de poids apparent.
Ce post n’est que la poursuite de cette problématique de la restriction cognitive et démontrant que les agences de pubs et les décideurs sont vraiment dans la tourmente de leur propre minceur.
En effet, ce mannequin a été choisi pour sa beauté et sa minceur représentant les consommatrices mais ont-ils une vraie connaissance de la souffrance d’image corporelle de leur cible ou seulement leur représentation de la minceur. Dans l’une des réflexions permettrait de les disculper et j’aimerai bien pour eux. Malheureusement j’en reste émeu persuadé.
En fait, ils sont en plein dans la problématique: le poids et l’image régissent leur vie tout comme les personnes souffrant du même raisonnement.
Alors petite proposition pour le PNNS et les messages de prévention:  » Si vous soufrez d’une problématique de poids alors que votre IMC est normal, parlez en à votre spécialiste en nutrition »
Il y a un encore un chemin à faire avant la prévention!

Par défaut