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La médecine à deux vitesses ou la médecine comme je la désire? Problématique de la médecine de service

Depuis longtemps il y a une critique de fond sur la possibilité et l’accessibilité aux soins dans notre pays. Souvent vue sous l’angle de l’impossibilité d’accès aux soins, certes une réalité relevant des pouvoirs politiques et de santé. Aujourd’hui, j’aimerai interroger cette problématique sous un autre angle. La médecine à deux vitesses est plus problématique quand celle-ci répond aux désirs de santé/soins décidé par le patient plus qu’à un soin de médecine avec éthique.

Pour preuve, le commerce qui se crée en ligne par des sociétés de santé vous vendant des régimes, des rééquilibrages alimentaires et autres idées farfelues à des sommes assez incroyables dont la plupart des entrepreneurs sont des commerciaux et non des médicaux. L’éthique est d’emblée balayée ! Encore ce matin j’ai été contacté par une société qui vend des protocoles de régimes via « l’équilibre alimentaire » à l’international. Il y a bien là une recherche de caution médicale et scientifique mais évoquons le concept de conflit d’intérêt dans cette situation et la réponse vous apparaît de manière immédiate.

Une autre preuve dans la chirurgie bariatrique. L’équipe de soins qui accompagne un patient dans sa demande se voit parfois plus précautionneuse que le patient lui-même et pour la santé et sécurité du patient un place une contre-indication temporaire. Comme bien de fois j’ai entendu « plus que 4 kg à prendre, au point où j’en suis et je me fais opérer ». Le concept de santé devient l’opération que « je désire » plus que le « bon » soin à pratiquer. Le pire est après un refus d’une chirurgie la possibilité de se faire opérer dans d’autres pays est possible, cela commence à devenir fréquent en consultation puisque le problème n’est absolument pas régler.

La France est souvent critiquée sur son retard concernant les prises de décision médicale mais il a rappeler que nous sommes un des pays dont les questions éthiques sont centrales et discutées en permanence. Certains pays s’affranchissent de ces longues discussions dont la plupart du temps personne ne voit l’intérêt dans son propre désir de santé.

Cela continue avec l’apparition des applications connectées où là encore, la responsabilité médicale n’est pas engagée puisque le patient devient autonome dans la gestion de sa maladie. Etrangeté de la situation car l’autonomie serait la possibilité de lire de manière critique l’information reçue par l’application. Obéir sans critique devient une situation hétéronomique où la machine commande l’action à choisir. A l’heure où l’on critique la pratique de certains professionnels de santé payé par une frange de l’industrie pharmaceutique, des personnes sont capables d’acheter des applications connectées sans se poser ces questions. Nous sommes face à un paradoxe total. Je trouve qu’il y a un crédit trop grand apporté à tout ce qui vient d’internet.

Je dresse un triste constat mais je tiens dès aujourd’hui à affirmer ces problématiques qui seront un jour des scandales sanitaires. Nous l’observons déjà dans les chirurgies bariatriques. Je suis inquiet de la médecine de service en création qui sert bien plus les intérêts financiers que le soin ou la santé. Le soin doit être au coeur des discussions et l’éthique la réflexion permanente dans ce soin.

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