Soigner dans un trouble alimentaire de type anorexie mentale

L’anorexie mentale est un des troubles alimentaires que répertorie le DSM-V avec la boulimie. Ces troubles alimentaires sont dits « syndrome pur ». Ils touchent 1% et 5% de la population française respectivement.

C’est un trouble qui va demander beaucoup de soins, de type pluridisciplinaire, pour atteindre une possible guérison qui sera dans la majeure partie des situations la réalité. Quand bien même si la guérison n’est pas ou plus possible, les soins et l’amélioration de la qualité de vie seront toujours réalisables (prenez l’exemple sur le diabète de type I)! Il est important de le rappeler tant l’impossible idée de guérison qui dominer  la pensée vient empêcher des soins quotidien.

Je vous propose dans cet article une petite analogie soin avec le soin de type rééducation fonctionnelle pratiqué par les kinésithérapeutes.

En effet, après une blessure, tout le travail de rééducation va être de renforcer dans un premier temps la musculature autour de l’articulation touchée tout en essayant de dépasser la douleur (vous savez quand il appuie et que nous souffrons). Il est important d’agir régulièrement sur cette douleur pour éviter toute sclérose de l’articulation, entraînant une perte de souplesse et de flexibilité.

Voilà pourquoi il est important de se confronter à la douleur, souvent celles que l’on peut ressentir  dans l’estomac après une augmentation des prises alimentaires, tout comme l’angoisse d’une prise de poids, issue du mécanisme de la maladie. Il est nécessaire d’aller jusqu’à la douleur et puis de la dépasser! Il est important d’agir le plus rapidement possible sans quoi la maladie fera perdre toute possibilité d’élargissement alimentaire.

Parfois la douleur sera tellement difficile à dépasser (peur de la prise de poids après avoir consommer des féculents par exemple) qu’augmenter ne pourra plus se réaliser à la maison/en ambulatoire mais seulement en clinique. Le rôle des soignants sera donc d’accompagner de manière quotidienne cette peur/douleur occasionnée par l’augmentation des prises alimentaires, non pas que pour grossir mais pour limiter les risques de sclérose du comportement alimentaire et nourrir le corps dénutri. Et en effet, plus nous intervenons tardivement, plus les adhérences (entendre les rigidités du comportement alimentaire) sont importantes et donc difficiles à dépasser.

Le soin concernant l’anorexie mentale est identique à ce type de rééducation. Il va falloir se confronter à la douleur et la dépasser, s’y confronter pour éviter le risque d’installer la maladie dans sa rigidité.

Le soin dans l’anorexie va respecter une temporalité et une accommodation à la douleur, un temps pour la dépasser et un temps pour souffler. Voilà comment doucement on peut sortir de ce trouble alimentaire sur le plan alimentaire, car la première des choses à lutter est la fatigue générée par l’absence d’énergie alimentaire dans le corps  et toujours ce rappeler que le corps n’est pas le poids, le poids étant une caractéristique du corps non significative.

Les soignants s’occupent toujours du corps non du poids, la rééducation se fait pour le corps non pour le poids.

 

10 commentaires

  1. Bravo. Une piste intéressante pour l’accompagnement des angoisses est de rééquilibrer les neuromédiateurs (chimie cérébrale), et notamment le taux de gala. Je vous conseille le livre du Dr Bravermann (100% cerveau)

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  2. Vous semblez avoir trouvé une réponse simple à un problème complexe.
    Félicitations vous avez… faux.
    Il est difficile de parler de l’anorexie mentale au singulier, il existe en effet tout un spectre des troubles alimentaires, avec des expressions différentes selon chaque patient.e.

    De plus, vous parlez de plus de rééducation avec une description simpliste « Dépasser la douleur » qui fait plutôt penser à un coach/gourou qu’à un soignant. En kinésithérapie il y a aussi l’équilibre, la proprioception, la correction des postures et des habitudes etc.

    Si je rejoins votre approche pluridisciplinaire, je ferais court en vous conseillant, ayant eu ce travers moi même, de vous méfier des analogies simplistes, des fulgurances de l’esprit qui, si elles offrent des réflexions intéressantes à pousser, creuser, nuancer, mènent dans le mur si on ne se basent que sur elles.

    Bon courage dans votre pratique,
    PiR 2 BA

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    1. Votre expertise vous a fortement amené aux patientes avec des IMC inférieur à 15, dans des états de dénutrition, qui sont au plus dans la difficulté de la restitution d’un corps physiologique et d’une prise alimentaire. Les patientes subissent cette douleur causée par l’augmentation des prises alimentaires qui est difficile à dépasser sur le plan physique et sur le plan psychologique. Sans dépassement, que toutes arrivent à faire avec un soutien adapté, les prises alimentaires deviennent moins douloureuses et s’acheminent vers un état nutritionnel offrant une possibilité du travail psychothérapeutique. Cette analogie est en accord donc avec les recommandations réalisées en coordination HAS et les membres de l’AFDAS.

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  3. C’est terriblement vrai, je me souviens des premières fois où je suis venue vous voir à cause de l’anorexie et du fait de reprendre du poids. La douleur et l’insupportable vision d’un corps qui reprend une forme humaine, la sensation de se sentir pleine et consciente… La clinique a été pour moi un énorme soutien pour réussir à aller au delà, pour trouver les clefs pour combattre la douleur, l’atténuer, l’oublier. C’était reprendre du poids pour avoir un corps suffisamment fort pour supporter le mental et trouver dans la vie de plus belles choses qui m’ont aidées à me détourner de ce qui aurait pût et « peut » toujours justifier cette maladie. Trouver le moyen d’envoyer bouler le passé pour se concentrer sur le présent et d’imaginer un avenir gratifiant.

    Après la clinique, le combat reste difficile, mais peu à peu ça devient facile, plusieurs mois après, si on continue le combat et l’auto-persuasion on retrouve enfin une vie quasiment normale. On réussi enfin à briser les fausses convictions sur lesquelles on s’était tourné… Et les nouvelles sont bien plus agréables !

    Personnellement j’ai fini par me rendre compte qu’il était très simple de soigner l’anorexie du moment où l’on arrive à être honnête avec soi-même, peu importe la complexité de la maladie en elle-même qui nous amène à croire de fausses vérités, de faux justificatifs… de fausses raisons de rester dedans…

    Donc je vous remercie beaucoup, parce que grâce à votre aide j’ai enfin un beau train de vie, la peur et la douleur en valaient la peine, même si je les ressens encore à ce jour. Je ne regrette rien, et c’est chouette de sentir son corps à nouveau capable de fonctionner avec le mental !

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