Orthorexie, manger « clean » ou pathologie ?

Gazette

Comprendre l’orthorexie, définit littéralement par le « manger correct » 

Il semblerait que l’obsession pour le manger « correct », décrit vers la fin des années 90, soit un phénomène récent ? Dans l’histoire de toutes les religions, on retrouve des rapports entre alimentation et corps, principalement sous l’angle de la purification (ex : manger du poisson le vendredi ou encore ne pas consommer de porc…). Par ailleurs dans la pratique de l’ascèse, l’homme se dégage de l’encombrement du corps par une alimentation particulière de type restrictive pour s’élever de manière spirituelle. Des rapprochements peuvent être faits avec le comportement orthorexique, à la différence que la place du corps est centrale dans cette situation.

Mais observons le contexte actuel sous l’angle de la symbolique du corps et de la commercialisation.

La symbolique du « corps » chez nos contemporains subit une oscillation entre un concept  de « corps machine » traité comme tel par la médecine et un concept de corps que « psychologique et/ou sensualiste ». De ce fait, nos contemporains n’habitent plus le « corps », c’est-à-dire dans son « vivant, faillible et imprévisible » puisque le « corps » est contrôlé par toutes ces techniques.

Ajoutons à cela un contexte d’industrialisation et de commercialisation de masse d’élevage et de l’alimentation, des images du corps par la publicité, de l’accroissement des maladies et de la possibilité de mieux réparer les corps et nous arrivons dans une abysse qui peut pousser certains de nos contemporains à être obsédés par le manger « sain ».

Alors peut-on donc considérer l’orthorexie comme une pathologie ? Oui, si le choix alimentaire est en lien avec le rapport à l’image du corps ou au poids sur la balance et qu’un envahissement dans la pensée empêche l’individu de fonctionner « normalement ».

Mais il nous faudra être chirurgical pour distinguer le choix orthorexique du choix politique/éthique pour éviter de conclure rapidement que tous les mangeurs obsédés par le « sain » sont pathologiques et donc à aider.

Article La Gazette de Nîmes

3 commentaires

  1. Ça fait du bien de lire un article plein de bon sens. Malheureusement la tendance s’accélère à cause des réseaux sociaux. Les personnes conseillent tel ou tel aliment, interdiction de manger tout un tas d’aliments, il faut faire du sport à outrance et « s’autoriser » un cheat meal par semaine où on peut se baffrer… Puis on poste ses « progrès » en photo sur Instagram, on se fait encenser pour cette perte de poids, on donne envie à d’autres personnes de faire de même…

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