Il est aberrant de penser : « manger quand j’ai des émotions est problématique »

Pour comprendre ce post, appuyons nous sur ce dernier message que j’ai reçu et critiquons les idées reçues pour pouvoir nous aider à nous débarrasser des problématiques alimentaires :

Mme .  écrit : « J’étais bien partie… Et puis craquage habituel quasi quotidien : 4 balisto, 3 milky way, 3 sachets de petits gâteau sans compter le gros carré de chocolat fourré praliné que je m’étais accordé dans l’après-midi tout après un fast-food… Mon dieu… Pourquoi tout ça alors que pas faim ni gourmandise ni envie de manger je ne sais pas mais ça me rend malheureuse, je me sens nulle, l’impression que je ne vais jamais me débarrasser de cette sale habitude et que je vais finir pas devenir obèse ou tout du moins reprendre tous les kg que j’avais perdu depuis 1 an…« 

1) Ceci n’est pas une crise de boulimie! Alors que la population générale, ignorante, se pose en expert des troubles alimentaires confondant une compulsion alimentaire et une crise de boulimie. Pourquoi n’est-ce pas une crise de boulimie ?

  • La quantité consommée peut être consommée par n’importe qui dans le même temps. Le critère d’une crise de boulimie est la quantité de nourriture ingérée qui ne peut être consommé par un autre individu dans le même temps. Habituellement le coût minimal d’une crise est > 20 euros.
  • Dans cet évènement il y’a une hiérarchisation, une structuration consciente alors que dans la crise de boulimie l’anarchie règne et surtout sans conscience.

C’est un très grand problème de croire que cet évènement est une crise, car cela relève du même soin mais l’intensité de la problématique est totalement différente.

2) Ce qui est pathologique est le caractère du mail dont tout tourne autour de la prise de poids, de cet angoisse de l’image corporelle, d’avoir l’impression de ne pas avoir fait correctement sur le plan alimentaire et pour point d’orgue la culpabilité et l’auto-dévaluation.

L’attitude de vouloir se mettre au régime dès le lendemain et analyser ses calories ingérées sont les comportements pathologiques.

Car face au chat, la souris reste figée de peur. Et il semble illogique de vouloir demander à la souris de se calmer, de se relaxer face à cet évènement. C’est une réponse adaptée. Alors « manger » quand nous sommes face à une difficulté devient la réponse logique et non pathologique. Le travail psychologique vous permettra de trouver des réponses plus adaptées au fil des consultations.

3) « J’étais bien partie » c’est imaginer que la vie est prévisible. On ne peut vivre que la déception en partant avec cette idée. Comprenons que le corps comme la vie sont imprévisibles et nous demandent de trouver une adaptation permanente.

Pour finir ce petit post, dire « manger par émotion » est un abus de langage puisque nous avons régulièrement des émotions et pour autant toutes ne nous font pas manger. Il y a une imprécision qui contribue à cet abus de langage.

9 commentaires

  1. C’est dingue comment on adore vous écouter parler de diététique, non pas que le sujet nous intéresse vraiment mais c’est dit par quelqu’un de tellement charmant que ça nous donne envie de nous intéresser au sujet et d’en faire même une thèse… lol !

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  2. Pas mal comme déduction !!!
    Enfin un diététicien qui vaut le détour .
    Et oui les problèmes de poids vienne pas que s’empiffrer pour grossir . Tres souvent les problèmes de poids vienne de problèmes de mal être tout comme pour la cigarette …
    Médecin avoir vais prendre Rdv .

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  3. Excellente analyse…comme toujours.
    Je souffre d’anorexie restrictive et au début de la maladie, j’avais effectivement cette tendance à ne pas manger quand j’étais contrariée.
    Je suis maintenant beaucoup moins voir plus du tout dans cette  » logique illogique  » mais je reste tjs bloquée sur la question de l’apparence et de la prise de poids (celle ci est qd même réelle mais lente et cette lenteur me rassure ).
    Au plaisir de lire vos prochaines publications

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  4. Que penser des compulsions nocturnes aussi, quand dans un état à peine conscient, la personne se lève et se goinfre, plusieurs fois dans la nuit parfois, de quantités énormes (certes sans être « pharaoniques » comme chez les boulimiques, mais hors normes tout de même)… Ok pour différencier la boulimie des compulsions, pourtant dans ce cas, le lâcher prise vis à vis de la quantité de la prise alimentaire y est quasi similaire sur le moment.
    Pas une crise de boulimie mais une « crise » quand même… Car seul moyen de répondre dans l’urgence, concrètement, violemment, à une émotion ingérable, insupportable…
    Parole d une personne ayant souffert de ces compulsions alimentaires depuis …toujours, qui n à pas eu de  » crises » depuis près d un an, et qui tente d analyser les choses…

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  5. On dit qu’il existe autant d’anorexies que d’anorexiques. Les raisons d’une boulimie (disons compulsion pour rester dans le sujet) suivent sans doute cette même logique. On peut trouver des schémas très similaires mais…
    J’aime bien discuter avec des médecins qui me disent que chaque fois qu’un patient franchit la porte c’est comme s’il reçoivent un nouveau patient: qui n’est ni celui qu’il était hier (ni celui qu’il sera demain) et encore moins le même que l’autre patient portant pourtant la même étiquette (ou diagnostic).
    Merci de faire tomber des idées reçues au sujet de l’alimentation et des émotions dans ce billet en tout cas.

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