« un bout de pain comble votre faim tout autant que l’aliment que vous désirez »

Épicure proposait une distinction entre les désirs: « parmi les désirs nécessaires, les uns le sont pour le bonheur, pour le calme du corps, d’autres enfin simplement pour le fait de vivre » en vue de la vie heureuse. La recherche du calme dans le corps et dans l’âme permettait d’accéder au statut d’homme sage, le phronimos. Par une lecture attentive de ces écrits, Épicure nous invite donc à faire une séparer le plaisir et du choix alimentaire.

De nombreuses personnes se prétendent « Epicurienne » en se vantant de consommer des mets raffinés couplé  à un art du plaisir, ce qui en définitive exprime deux points. Le premier est la preuve qu’ils n’ont pas lu Épicure et encore moins pu comprendre la philosophie au combien fine de ce dernier. Le deuxième interroge sur le besoin de justifier sur leur acte alimentaire par cette notion Épicurienne. Ils confondent le plaisir qu’ils prennent lors de la consommation des aliments avec ce que propose la philosophie Épicurienne; le plaisir provient de la suppression de la souffrance que l’on la ressent.

A travers cette réflexion, il y a un détachement avec la symbolique du plaisir de l’aliment consommé; puisque l’eau comme le pain, des aliments on ne peut plus simples, peuvent égaler des aliments désirés. Nous sommes loin des aliments raffinés, au sens gustatif qui seraient recherchés pour leurs symboliques culturelles et identitaires; l’eau n’est pas décliné sous une autre type de boisson telle que le café, du sirop,…tout autant que le pain, n’est pas proposé de manière accommodée de chocolat, fromage…ils sont cités en tant qu’aliments « simples »,  sans mettre en oeuvre une technique culinaire avant consommation.

Revenons à la clinique en prenant la situation classique d’une sensation de faim en dehors d’une heure conventionnelle; le choix des aliments pourrait être vu avec la philosophie du plaisir chez Épicure. Les régimes, qui par leurs règles éloignent des plaisirs alimentaires, volent en éclat sous l’effet de la faim qui est contenue. Affranchi de la règle, le plaisir devient le maître. Les deux situations ne proposent pas une action vertueuse. Un choix d’aliment, moins somptueux, procure le même apaisement face la douleur occasionnée par la sensation de faim.

La campagne de prévention santé propose d’« éviter de manger gras-sucré » mettant en rejetant tout aliment plaisir, car ce plaisir est la source du problème du comportement alimentaire. En définitive elle ne fait que renforcer la confusion dans les discours sur le plaisir. Je propose une idée de discours qui valorisait la philosophie Épicurienne :  « un bout de pain comble votre faim tout autant que l’aliment que vous désirez ».

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