De la masse inerte à la dignité humaine. Réflexion éthique sur une pratique de la diététique

Conclusion Mémoire de M1 philosophie
Le sujet focalisé, sur sa masse inerte, se sent dans une posture irresponsable ou indigne face à son corps, renforcé par le jugement du professionnel. Le sujet pense qu’il n’est pas à la hauteur, pas capable comme d’autres d’appliquer les attitudes respectueuses pour sa masse inerte. Alors que c’est le corps, en fonction, qui est le support de la vie de l’Etre. Le fait d’être Homme implique d’un point de vue du christianime et du Kantisme une dignité ontologique.

C’est vers cette dignité que le soin doit être dirigé. Que le sujet soit affecté ou non par une maladie, un problème, la dignité ontologique ne peut se perdre. Elle propose donc une attitude plus accessible que la dignité posturale. Dans ces pathologies de la nutrition, les vomissements répétés, l’excédent majeur de poids peuvent faire perdre le sentiment d’être digne, mais seulement d’un point de vue postural. Il devient donc difficile de pratiquer l’acceptation, cette attitude à soi qui consiste à s’accueillir quoi qu’il advienne. Dans la pratique il sera même judicieux de rappeler ce fait lors des premières consultations pour solidifier et reconstruire le sentiment de dignité posturale en partant de l’idée de l’hospitalité.
Affecté ou non par la maladie, la dignité ontologique sera ce tronc solide pour construire le soin. Il me semble donc que l’axe de soin concernant le respect du corps et l’adaptation, sont les clefs essentielles pour une diététique qui se rapprochera de son sens étymologique. Il n’y a pas de « diæta » sans philosophie et donc la lecture des philosophes est nécessaire pour quitter une approche de contrôle du corps, définir un sens de vie et accéder au Bonheur.

Seule la personne peut le faire et non la masse inerte. Pour cela, l’éthique démontre une place essentielle de la philosophie tant pour le sujet que les professionnels de la nutrition. Voilà pourquoi il me semble que le professionnel doit respecter et guider le soin vers cette dignité ontologique.

3 commentaires

  1. Réflexions intéressantes sur l’éthique de la relation humaine, le rapport à soi et le rapport aux autres. Il serait judicieux de mettre en place des groupes de paroles professionnels de santé . C’est peut être déjà fait ? Virginie

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