(essai) La mort: c’est la (faim) de la vie (NS)

Quel titre lugubre, je l’avoue. Depuis quelques temps en consultation, je rencontre des personnes qui ont des problèmes avec la « fin… » de quelque chose (période de vie) ou encore avec la perte d’un être cher (je vous parlerai plus tard de la relation Perte de poids/perdre).

Le comportement alimentaire se traduit par des difficultés à repérer le rassasiement, qui correspond à la fin de la faim. Le rassasiement est donc tout le temps dépassé, et parfois le fameux « foutu pour foutu » s’enclenche. La fin du repas se réalise par une nouvelle douleur correspondant à un excès. Dans cette situation, le repas est encadré par deux douleurs physiques: la faim et la fin de la faim, finalement comme un cycle infini qui n’a pas de fin.

Il est important de rappeler que la faim est une « souffrance » ressentie dans l’estomac. De là, on peut bien imaginer les confusions au niveau des messages renvoyés par le corps et surtout l’interprétation que la tête en fait (à lire « TOC et rituel de sécurité alimentaire »).

Comme les stoïciens nous l’apprennent, nous devons nous servir des souffrances (entre autre), en les accueillant, pour les dépasser et nous engager dans le « oui » à la vie.

Car bien souvent, et on nous l’apprend encore aujourd’hui, la faim doit être contrôlée tout comme les émotions.Refuser de vivre sa souffrance, c’est la porter telle une « charge en soi », en se coupant de cette partie de soi (refouler). Face à la fin de la faim une dualité apparaît entre la tête et le corps. Pour soulager de cette souffrance, on refuse d’accepter la fin de la faim par la poursuite de la prise alimentaire.

On peut retrouver aussi le phénomène d’anticipation qui s’exprime; dans la peur de vivre la faim plus tardivement dans le temps (dans l’après-midi par exemple), je vais continuer à manger pour soulager ma peur intellectuelle. Alors c’est un engagement sur le « non » à la vie (NB: « éléments de philosophie angélique » Denis Marquet).

Pour soulager cette peur je vais continuer à manger alors que mon instinct me signale que je n’ai plus faim.

En prenant conscience de cette difficulté avec la fin de la faim et de la naissance de peur d’avoir faim, vous pouvez la dépasser par l’écoute de votre instinct. Comme pour la faim, on doit accueillir la souffrance pour connaitre et définir ses besoins à cet instant « t ». En acceptant sa présence, alors on peut se rendre vivant et accueillir la vie, car manger c’est vivre. Refuser de ressentir la faim, c’est refuser de manger donc c’est une fin de la vie.

Revenons au titre de post que je veux porteur d’un nouvel élan de vie. Parce que j’ai faim de vie et que je m’engage dans le « oui » à la vie, alors j’accepte la fin de la vie et je m’en libère pour vivre l’instant présent.

10 commentaires

  1. j’aime beaucoup la phrase finale  »Parce que j’ai faim de vie et que je m’engage dans le “oui” à la vie, alors j’accepte la fin de la vie et je m’en libère pour vivre l’instant présent. » tres joli article …

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  2. J’aime assez l’idée de relier la peur de la faim et la peur de la souffrance…peur d’affronter une perte qui fait souffrir, donc chercher à anticiper cette souffrance avant qu’elle n’arrive…

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      1. Pour moi aussi tout a commençé par une perte ….l’abandon de l’esprit au profit de la matière (se focaliser sur son corps, son poids pour ne pas ressentir, penser, pour oublier). Mais seules l’acceptation et la résilience peuvent arreter cette spirale : la souffrance de la perte devient une ressource, le présent se vit de manière positive en parvenant a relativiser ses echecs et c’est à ce moment là que l’on peut s’aimer a nouveau et se tourner enfin vers la vie, les autres, l’avenir. Le plus difficile étant de se détacher de son corps pour e^tre plus à l’écoute de son instinct, de son moi intérieur.

  3. I try and think of this and apply it to my work with underweight patients. I think there is perhaps a further link with « fullness » and « greed » – I wonder if patients with eating disorders such as anorexia find it hard to take from like what they « need » (confusing ‘need’ with ‘greed’?) – I enjoyed this post, and I try and think of it from a different perspective that applies to my own work with eating disorders.

    Sarah

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  4. Post très interressant et qui donne matière a réflexion : ne pas vouloir ressentir la faim ou la fin de la faim en mettant en place divers stratagèmes c’est se mentir, refuser de ressentir, de vivre en accord avec nous même, tricher,… être capable d’accepter ses souffrances, et inversement de profiter des moments de bonheur, c’est tout simplement vivre…
    Une chose pourtant reste difficile : écouter son instinct ; surtout quand on a l’impression de ne pas en être maî^tre ; comme s’ils étaient dictés par quelquechose d’irraisonné et d’irraisonnable.

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  5. Bonjour,

    Nous venons de parcourir votre blog, que nous avons beaucoup apprécié. Nous aimerions ainsi vous inviter à vous joindre à nous, et plus exactement à devenir rédacteur sur CareVox, premier site participatif dédié aux actualités de santé.

    La particularité de CareVox est de permettre aux professionnels, mais également aux passionnés de tout bord par les thématiques de santé, de faire part de leurs préoccupations médicales dans leur domaine de prédilection, dans la limite de l’exactitude scientifique dont CareVox se veut le garant.

    A la lecture de vos écrits, nous sommes convaincus que de nombreux lecteurs de CareVox aimeraient vous connaître davantage, s’informer et tirer parti de votre expérience, de vos conseils et de vos réflexions sur les thématiques ayant trait au milieu de la santé.

    Nous sommes heureux de notre côté de pouvoir vous offrir la tribune de CareVox pour vous permettre d’intéresser un large public à vos développements. Les articles sont évidemment relus et corrigés par un comité de rédaction.

    Sur CareVox vous côtoierez des passionnés, comme vous, par la santé et le bien-être. Vous pouvez vous inscrire dès maintenant ou nous faire part de vos questions et remarques éventuelles. Vous pouvez compter sur nous, et nous vous renseignerons avec plaisir.

    Dans l’attente de votre réaction, et bien cordialement,

    L’équipe de rédaction de CareVox

    http://www.carevox.fr
    redacteurs@carevox.fr

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