Pavlov et la prise alimentaire émotionnelle

A noter que je n’ai aucun conflit d’intérêt avec une industrie pharmaceutique, une association ou regroupement d’industrie agroalimentaire et enfin avec une société scientifique promouvant la consommation d’une classe d’aliments.

De nombreuses personnes en consultation me pose la question: « d’où provient mon attitude de « bouffer du sucre (ou autre) » quand je ne suis pas bien » ?

Ce que je vous propose aujourd’hui, c’est un « essai » sur une origine de ce comportement. Cet « essai » est basé sur mes connaissances actuelles et sur mon expérience professionnelle.

Comme le titre le suggère, je trouve un certainement rapprochement dans le conditionnement de cet acte alimentaire. Pour mémoire, l’expérience de Pavlov était d’associer un stimuli (son de la clochette) avec un objet (la nourriture) et d’observer la réaction chez le chien. Cet expérience est intéressante a plus d’un titre.

En effet, le chien, par réflexe, génère de la salive lors de la présentation de l’aliment. Donc le chien « assimile » son de clochette à la présentation de la nourriture, car lorsque Pavlov présente le son de clochette sans nourriture le chien salive aussi.

Maintenant transposons cette expérience chez la personne réagissant à un « état d’âme » face à la nourriture. « L’état d’âme » devient le son de clochette, que l’on peut considérer comme le son de clochette, qui sera présent ou non (pensées sur une situations problématiques ou ressenti corporel) et donc le réflexe face à cela, c’est de prendre de la nourriture.

Ce que procure la prise alimentaire est intéressante d’observer: l’acquisition du « bien-être » (même si l’on sait que cela génère une autre problématique sur la culpabilité de faire cet acte). J’obtiens l’extinction de la souffrance pendant une courte période qui me permet de me faire plaisir. Les aliments choisis (ils le sont, à la différence d’une crise de boulimie où il y a perte de contrôle et non choix) font disparaître le »mal aise » et on peut se poser la question si, la nourriture ne permet pas d’offrir ce petit « confort », a-t-on un glissement vers d’autres objets ? (achats compulsifs, drogues, sexe, alcool…).

Je pense que c’est pendant une longue période que l’on apprend cette association émotion (négative) – mal-être – prise alimentaire – bien-être – culpabilité.

Lors d’expérience dans l’enfance par exemple; un membre de la famille vous propose de la nourriture alors qu’une situation particulière et source de mal-être est entrain de se produire, sur un temps court ou plus long (deuil, conflits parentaux, familiaux…).

Dès lors, on vit une expérience que l’on marque dans son sein/corps (peut être l’origine de la fréquence chez la femme plus que chez l’homme?): une amélioration de « l’état d’âme » par une prise alimentaire par un tiers. Je suppose aussi, qu’une personne peut faire l’expérience, car l’objet de soulagement (alimentation, drogue, …) est à disponibilité et permet l’extinction de la souffrance.

Alors il est important de remettre de la conscience avec l’aide d’un professionnel pour vous sortir de la problématique.

4 commentaires

  1. fuite d’un ennui et d’un ressenti de tristesse :—- > décision de prendre sa vie en main sans l’aide des autres —- > sport à fond + régime ( qui devient tca). Ritualiser une journée ( rituels alimentaires et non alimentaires) lutte contre cet ennui et la tristesse, le probleme va bien au dela de l’alimentation. Des lors qu’on sort du rituel, toute nouveauté est source d’appréhension et d’anxiété. Anticipation d’un manque ( le rituel va nous manquer) et fuite de toute nouveauté pour la plupart des choses.

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  2. Bonjour,

    l’analyse de la dépendance à certains aliments est très juste
    cependant, pour le « sucre » et les aliments à IG élevé d’ailleurs la dépendance psychologique trouve d’abord son origine dans une dépendance physiologique pure due à une chaîne de réactions biochimiques au niveau de l’organisme et en particulier au niveau de notre cerveau :une incapacité du cerveau à produire en quantité suffisante les substances chimiques qui sont responsables de la régulation de l’appétit. Les personnes qui souffrent de dépendance alimentaire, comme les drogués, sont donc soumises à des impératifs biologiques : elles ne peuvent pas dire non. C’est la raison pour laquelle la volonté seule ou même la psychothérapie ne suffisent souvent pas à aider les personnes au régime.
    Une régulation de la glycémie déficiente, des désordres hormonaux, l’épuisement des surrénales (dû au stress) qui peut conduire à des désordres immunitaires, la prolifération de levures dans l’organisme, les carences en acides gras essentiels et les sensibilités alimentaires (ou allergies cachées) qui créent un véritable cercle vicieux induisant le corps (via les endorphines) à devenir « accro » à ce qui le rend malade !
    le sucre est 4 fois plus addictif que la cocaïne au passage
    bien à vous,

    Véro

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    1. Merci de ce commentaire qui ouvre le débat.
      En effet, ce phénomène est bien décrit. Ce qui me dérange ce le coté fatalisme de la physiologie. Par un travail personnel et méditatif sommes nous capable de changer cette physiologie. Pour ouvrir, acceptons cette physiologie, par contre, arrêter de se restreindre dépendant de nous.

      Répondre

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