« le chocolat n’est pas aliment anti-stress »

Article de Me Zammora dans le Midi libre Gourmand

Depuis huit ans, Nicolas Sahuc exerce à Nîmes et à Montpellier comme diététicien. Président de l’association « L’ACT, redonnons du sens au comportement alimentaire » anagramme de TCA signifiant « Trouble du Com- portement Alimentaire », ce tren- tenaire s’attache donc à redonner du sens au comportement alimen- taire de ses patients.

Pourquoi le chocolat nous fait-il fondre ? Il faut faire la distinction entre le besoin, l’envie et le désir. La faim est un état pulsionnel, une souffrance dont l’extinction passe par la prise alimentaire. Si j’ai envie de changer mon état d’humeur, c’est différent. Je me sens mal donc je chasse mes idées négatives par le chocolat, mais le schéma risque alors de se reproduire. L’autre état, c’est la gourmandise qui n’est pas un état émotionnel. Dans mes consultations, je retrouve le chocolat dans trois franges de populations, celle qui va tout manger, celle qui va consommer un aliment plaisir puis celle en restriction cognitive qui réduit volontairement ses prises alimentaires.

Le chocolat est-il vraiment un aliment anti-stress, un aliment santé ? La consommation de chocolat est source de plaisir et de déplaisir. Pour avoir un effet molé- culaire, il faut consommer de très grandes quantités de chocolat mais on se heurte alors au risque de prise de poids, donc de compor- tement cognitif. Cent grammes de chocolat re- présentent 550 calories, un quart des apports énergétiques journaliers. On peut manger rai- sonnablement quatre carreaux de chocolat par jour (200 calories), le seul impératif étant alors de réduire les autres apports sucrés. Pour que le chocolat constitue un apport moléculaire et qu’il permette vraiment de réguler les émo- tions, il faudrait en manger trente kilos. Le cho- colat régule les pensées le temps de la prise. Mais ce n’est pas un aliment anti-stress.

MIDIgourmand – 55 –

Quels sont alors les aspects bénéfiques de sa consommation ? Elle apporte un plaisir gustatif. Je préfère lar- gement celui qui grignote du chocolat entre les repas que celui qui a faim et ne le fait pas. En annonçant qu’il ne faut pas grigno- ter entre les repas, on a loupé les gens en leur faisant croire qu’ils ont alors un com- portement fautif. La vraie question à se poser est de savoir dans quelle quantité on est en accord avec soi-même et déterminer le moteur de la prise de chocolat.

Quel message le chocolat délivre-t-il ? Pour moi, c’est la notion de partage qui prime. Il m’arrive de me rendre chez le cho- colatier Patrick Roger, dans le 8e arrondisse- ment de Paris, pour son chocolat basilic extraordinaire. J’irai encore chez un choco- latier en quête de séduction pour la Saint- Valentin. C’est original de s’interroger sur les critères, les caractéristiques d’un chocolat et de tenter de l’assortir à la personne à qui on le destine.

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